L’équipe de la mairie d’Oyonnax et l’AEPV dévoilaient mi-décembre les grandes lignes du projet autour du bâtiment historique, icône du patrimoine industriel local et formidable lieu de mémoire : la Grande Vapeur. Projet visant à donner un second souffle à cet ensemble « en déshérence » et transformer la zone, le bâti et ses pourtours, en un espace de vie bouillonnant.
L’avant
L’édifice marque malgré lui la frontière entre le haut et le bas de la rue Anatole-France. Avec d’un côté le quartier Nord, et de l’autre le reste du centre-ville. Demeurée seule après la démolition de bâtiments périphériques, la Grande Vapeur s’élève au beau milieu d’un parking et constitue pour bien des locaux un site où l’on passe sans jamais s’arrêter. Pourtant partie intégrante de l’histoire de la ville, il mérite à plus d’un titre de s’attarder un instant. Construite en 1905 par le Sanclaudien Auguste Chanard, sur commande de l’Union électrique, laquelle assure à l’époque la production d’électricité, et sa diffusion, dans l’Ain, le Rhône et la Saône-et-Loire ; la Grande Vapeur est une usine de fabrication de peignes en celluloïd. La topographie du Haut-Bugey rendant difficile le raccordement des ateliers à l’électricité, la société a fait en sorte d’attirer les artisans à elle avec un argument imparable : un loyer modeste, de 35 francs par mois, pour bénéficier tout à la fois d’un accès direct à l’électricité, d’une cabine chauffée et d’une sécurité garantie contre le risque d’incendie. Car le celluloïd est (très) inflammable. Aussi a-t-il été nécessaire de bâtir selon un cahier des charges très précis. Soit une forme en V, avec deux ailes de 30 m permettant de ralentir la propagation des incendies ; une conception quasi intégrale en béton et métal ; des issues de secours judicieusement placées et d’immenses bassins, installés sur les toits, servant de réserve pour éteindre un feu en cas d’urgence et, en temps normal, à chauffer les cabines. Quelque 70 cabines, de 9 m2 chacune, où l’on vient travailler à 5, sous la surveillance du gardien par l’ouverture en triangle – rapidement bouchée pour éviter que les concurrents ne copient ! – prévue sur les portes métalliques. L’arrivée de la presse à injecter marquera le début du déclin de l’usine, jusqu’à sa fermeture en 1977. Une décennie plus tard, l’intérieur de la Grande Vapeur sera inscrit, et la façade et le toit classés au titre des Monuments historiques.
L’après
Espace muséal, centre d’affaires, vitrine. Les expressions sont nombreuses pour qualifier ce que sera demain la Grande Vapeur. Sans vocation – si ce n’est celle d’accueillir des visiteurs pour les Journées européennes du patrimoine et quelques expos temporaires – depuis la cessation d’activité, le bâtiment devrait, dans les prochaines années, faire l’objet d’une métamorphose d’ampleur. Des travaux visant à combiner plusieurs espaces avec chacun leur fonction, sur un même tènement. D’abord un musée, tel que défendu dès les années 2000 par Michel Perraud, alors adjoint à la culture, pour dire et valoriser les savoir-faire. À travers notamment une collection unique au monde, permettant d’aborder des sujets aussi variés que l’industrie, la science, l’ethnologie, la mode et les arts décoratifs. Une collection riche, mais fragile, dont les pièces seraient en partie présentées dans une extension neuve, autrement plus propice à leur conservation que le bâtiment d’époque, baigné de lumière mais très mal isolé.
La Grande Vapeur, à la croisée de l’art et l’industrie, deviendrait ainsi un lieu de rencontre, partage et transmission entre générations ; entre locaux et touristes aussi, le projet s’inscrivant dans une logique de territoire ayant comme double vocation celles de dynamiser l’activité commerciale et renforcer l’attractivité touristique. Un lieu de vie, donc, où viendraient flâner les habitants, se cultiver les curieux, innover les entreprises au gré des espaces de convivialité, aménagés aux abords du bâtiment, et jusque sur ses terrasses… L’héritage matériel et la réalité augmentée mêlés permettraient de reconstituer des scènes d’époque et de montrer combien la filière, de par sa capacité à s’adapter et se transformer, est résiliente. C’est aussi tout l’objectif, pour le maire Michel Perraud et l’ensemble des acteurs économiques de la Vallée : apporter des clés de compréhension dans un espace dit d’actualités où chacun serait invité à changer de regard sur un secteur décrié, pourtant partie prenante dans la réduction de l’empreinte carbone, et ce faisant la préservation de l’environnement.
La restauration de la Grande Vapeur, par l’insertion dans un bâtiment historique d’un projet résolument tourné vers l’avenir, se veut l’opportunité pour Oyonnax de « montrer ce qu’elle a su faire, et fera avec ses futurs partenaires ».
Qui, quand, combien ?
La Ville doit réunir quelque 10 millions d’euros pour donner vie à son projet. Elle a déjà pu compter sur le soutien de plusieurs donateurs, privés et publics, parmi lesquels la DRAC (l’État), l’Agglomération, le Département, le Massif du Jura… Elle a reçu aussi un chèque de 500 000 € par la Fondation du patrimoine, emmenée par Stéphane Bern. Entreprises et particuliers peuvent devenir mécènes. Tous sont invités à participer sur le site www.fondation-patrimoine.org.
Sur la réalisation proprement dite, la phase de recrutement a permis de recevoir 40 candidatures. Trois groupements ont été sélectionnés, et chacun a dû présenter les grandes lignes de son projet. Un seul sera retenu d’ici l’été. Les travaux seront lancés d’ici mi-2026 et devraient durer deux ans.
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Posté le 19 mars 2025 par La Rédaction
Ça ne fait pas deux mois qu’elle est en poste mais, déjà, les idées se bousculent pour faire du centre un point fort de l’activité commerciale à Oyonnax. Rencontre avec Laurence Lopes, nouvelle manager de centre-ville.
Quels ont été, selon vous, les atouts de votre candidature au poste ? Je suis Oyonnaxienne et fière de l’être, j’aime ma ville et le centre, et je connais les commerçants pour avoir été moi-même responsable de la boutique Camaïeu, de 2007 à 2012… À l’époque, je mesurais déjà le potentiel de la ville, aujourd’hui plus encore. Je pense que mon embauche tient à mon discours et à mes convictions : le bassin a été précurseur dans l’industrie plastique ; je crois que l’on peut l’être aussi pour le commerce et compte pour ce faire sur la créativité des Oyonnaxiens.
Quelle est votre vision du commerce en général, et du commerce à Oyonnax en particulier ? C’est un gâteau à se partager ! Quand on est commerçant, il faut savoir provoquer l’envie, répondre à un besoin, être disponible, souriant, et veiller à faire d’une visite en boutique une expérience agréable pour son client. On oppose souvent le commerce en ville à celui en périphérie. Je ne vois pas de concurrence, plutôt une somme d’opportunités. Ça vaut également pour les professions de service décriées dans les rues du centre… Mais celui qui se rend à la banque ou chez son ophtalmo peut, au même titre qu’un autre, faire un tour avant ou après son rendez-vous. Le trafic est généré de la même façon, l’enjeu étant de donner envie d’entrer. On a tous intérêt à travailler ensemble. Dans mon idéal toutefois, le centre-ville compterait davantage d’enseignes pour hommes, en maroquinerie, chaussures… sur un créneau de moyenne gamme, à même d’attirer une clientèle de tous âges…
Quelle place le digital tient-il dans le commerce de proximité aujourd’hui ? Ma conviction est que l’on ne peut plus vivre avec un magasin physique uniquement. Il faut une présence sur les réseaux sociaux et une vitrine en ligne a minima, qui permette d’acheter en click & collect et de drainer une clientèle qui ne serait jamais venue autrement. Je vois à nouveau l’outil numérique comme l’opportunité d’avoir en boutique des personnes qui, sur place, sont bien accueillies, dûment conseillées et passent un bon moment et qui, fortes de leur expérience, feront la démarche de venir directement la fois d’après. Internet a un côté pratique, certes, mais l’on tend à revenir aux basiques. Le besoin d’être face à face avec son commerçant, d’échanger, de toucher, voir en vrai, essayer… On est à une période charnière ; le commerce de proximité a tout à y gagner.
Comment s’organise votre mission ? Vous a-t-on donné des axes de travail ? J’ai, bien sûr, échangé avec le maire, Michel Perraud, quant à ses attentes… J’y ai confronté mes idées. Tout va dans le même sens. J’interviens désormais selon les priorités que j’ai fixées. Soit, d’abord, faire le lien entre gens de terrain et administration, mon rôle étant d’écouter les problématiques avec bienveillance et d’oeuvrer à leur résolution. Les commerçants me confient leurs interrogations ; à moi de leur apporter des réponses. Ensuite, communiquer, et surtout impliquer les commerçants dans les décisions prises en matière d’attractivité. Eux sont sur place et en capacité de dire ce qui fonctionne ou moins. Enfin, recenser les locaux vacants et établir une stratégie pour y installer de nouvelles enseignes, en tâchant de varier l’offre. Il faut chercher les porteurs de projet, que j’invite à se présenter en mairie, et valoriser les savoir-faire.
À quoi ressemblent vos débuts sur le terrain ? Tout le monde, à la mairie comme parmi les commerçants, m’a réservé un excellent accueil. Je suis ouverte, sans filtre, à l’écoute, et j’aime profondément les gens. Je tâche de faire de mon expérience un atout pour conseiller les commerçants ; j’ai cet « oeil client » qu’eux n’ont plus forcément, pour revoir l’attractivité de leur enseigne et faciliter la lecture de leur offre en boutique. J’entends travailler main dans la main avec l’élu délégué au commerce, Freddy Nivel, le Pôle du commerce du Haut-Bugey, l’association des commerçants du quartier Nord, et plus largement avec tous les commerçants oyonnaxiens, dans un souci d’unité et de développement plus important encore. Je sais la municipalité et son maire disposés à suivre et soutenir tout projet d’animation qui profite aux professionnels et à la clientèle ; tout comme je sais pouvoir compter sur l’envie des commerçants. Ce sont eux les acteurs majeurs de l’attractivité et c’est ensemble que l’on parviendra à renverser la vapeur.
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Posté le 19 mars 2025 par La Rédaction
Les expositions proposées au Musée du peigne et de la plasturgie font du plastique le prétexte idéal et récurrent pour aborder 1000 thématiques autour de lui. « Chacune est choisie pour mettre en valeur notre fonds. » Soit quelque 16 000 pièces, présentées tantôt dans les espaces permanents du musée ou dans le cadre d’expos temporaires, autour de collections pas ou peu accessibles au public. « Simili permet un recentrage sur notre sujet de fond. » Et propose deux angles, imitation et strass, permettant respectivement de traiter l’origine du matériau, ses usages, et la défiance qu’il inspire aujourd’hui… Détails avec la directrice du musée et commissaire d’exposition Virginie Kollmann-Caillet.
Né pour imiter
Le plastique – celluloïd en fait – a vu le jour avec le concours lancé par une entreprise américaine pour trouver un substitut à l’ivoire, devenu trop rare et cher, dans la fabrication des boules de billard. C’est par elles, donc, et plus tard par toutes sortes d’objets que le plastique s’impose avec le temps comme alternative esthétique crédible aux matières naturelles telles que corne, écailles, nacre, pierre et bois, jusqu’au textile – dans le jargon duquel on connaît bien entendu le terme « simili » signifiant « faux cuir »… Loin d’être un support de copies médiocres, le plastique est un matériau noble, à même de prendre l’apparence, la texture même de mille autres matériaux avec une qualité telle que l’on s’y méprendrait. Quant à la forme, il n’est pas de limite… C’est en ce sens que le chimiste Léon Arbez-Carme a œuvré à la fin du XIXe siècle, ses travaux visant à prouver que le celluloïd pouvait tout à fait se substituer à d’autres matériaux à l’aide de patines et peintures venant créer l’illusion.
Homme et plastique, meilleurs ennemis
Le plastique a eu le mérite de permettre l’accès à des objets à une population n’ayant pas les moyens de les acquérir s’ils avaient été en matière naturelle… Celui aussi d’épargner quantité d’animaux, tués pour leurs précieux attributs. Les éléphants pour leurs défenses, entre autres. Une dimension éthique diluée par les trop nombreux scandales aujourd’hui, autour de la pollution et des dégâts sur la nature. « La faute à une offre démesurée et à la surconsommation dans notre société », pointe la commissaire, soucieuse de rendre au plastique l’image d’un matériau à haut potentiel, ne devant pas porter le poids de notre inconsistance face à la fragilité de la planète… Car malgré l’image d’une longévité millénaire, le plastique est au contraire en proie à une dégradation « rapide ». Cent ans environ, au terme desquels le camphre s’évapore et rompt la chaîne de polymères. Une fragilité dont le public n’a pas conscience et qui, pourtant, interroge sans cesse l’équipe du musée quant à l’avenir de ses collections.
Strass
Second angle de l’exposition, le strass est présenté tantôt sur des montures de lunettes ou ornements de coiffure issus du fonds du musée, tantôt sur des créations contemporaines. Le parcours de visite aborde tour à tour son origine, la méthode selon laquelle on le travaillait à l’époque – des démonstrations seront assurées lors d’événements particuliers par d’anciens ouvriers – et la façon dont on le valorise aujourd’hui encore, notamment comme accessoire de mode. Ce sont plus de 300 pièces en tout qui seront exposées dans les espaces de la salle Miklos, à partir de la Nuit des musées, et jusqu’en janvier. « Venez changer de regard sur le plastique ! » invite Virginie Kollmann-Caillet.
Simili Du 17 mai au 31 janvier 2026 salle Miklos, au Musée du peigne et de la plasturgie d’Oyonnax Ouvert du mardi au samedi et le 1er dimanche de chaque mois, de 14 h à 18 h Visite commentée les 12 juin, 3 et 16 juillet, 20 novembre, 4 décembre, à 15 h Entrée libre
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Posté le 19 mars 2025 par La Rédaction
Pour sa 4e édition, le Nantua Fest continue de grandir avec une programmation débordante d’énergie du 6 au 8 juin à l’esplanade sportive.
Gazo, phénomène incontournable du rap français, sera cette année la tête d’affiche du Nantua Fest. Avec 23 328 ventes en seulement trois jours pour son album Apocalypse, il est prêt à enflammer la scène. À ses côtés, Biga*Ranx, icône du hip-hop et du club, ainsi que Dub Inc, les maîtres du reggae made in France, viendront compléter un line-up explosif.
Le Nantua Fest est avant tout un festival au cœur de la nature, entre lac et montagnes, qui évolue chaque année. « Nous avons à coeur de faire grandir le Nantua Fest tout en conservant l’esprit authentique et convivial qui fait son succès. 2025 marquera un tournant avec de nouvelles surprises et un programme à la hauteur des attentes de notre public », explique Kilian Minjollet, fondateur du festival. C’est aussi un événement engagé et innovant, porteur de valeurs fortes comme l’écologie. Sur place, une « brigade verte » veillera à préserver le site en distribuant des cendriers et en sensibilisant le public, notamment grâce à une mascotte éducative. La solidarité sera également mise à l’honneur avec des initiatives comme des interventions en classe, des projets de réinsertion en partenariat avec la mission locale, ainsi que la participation de jeunes en TIG. De plus, un tremplin musical sera organisé pour soutenir la scène locale. Les artistes sélectionnés lors du live du 29 mars auront l’opportunité de se produire sur la scène du Nantua Fest en 2026. Et ce n’est pas tout ! Des animations au camping, telles que des tournois et des séances de yoga, viendront compléter cette expérience immersive. Alors, préparez-vous pour trois jours de musique, de partage et d’émotions au Nantua Fest !
Infos pratiques Les 6, 7 et 8 juin à l’esplanade sportive À partir de 39 € – pass 2 jours 79 €, et pass 3 jours 115 €, gratuit pour les moins de 12 ans. Au camping Le Signal, de vendredi 6 juin à 14 h à lundi 10 juin à 12 h.
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Posté le 19 mars 2025 par La Rédaction
La Grande Vapeur sera pour la première fois le théâtre de l’escape game édité par l’équipe du Musée du peigne et de la plasturgie. Organisé jusque-là dans les étages du centre culturel, il est cette année délocalisé dans l’écrin ô combien atypique de ce qui fut à l’époque un bassin de l’industrie à Oyonnax. L’occasion d’investir des espaces promis à une transformation complète et d’apprécier dans un format resté brut chaque recoin du bâtiment où ont travaillé de nombreux artisans au XIXe siècle. Le succès de l’escape game ne se démend pas : il réunit un public varié, petits-enfants et grands-parents, amis de 25 à plus de 40 ans, élèves de l’école aussi, qui, par ce biais, découvrent l’univers du plastique et l’identité d’un territoire. Support pédagogique, donc, mais avant tout ludique, mis au point pour mettre en valeur un cadre sur la base de son histoire.
Il en est ainsi à la Grande Vapeur pour cette 3e édition du jeu qui invite à explorer les couloirs, les cabines et le bureau du gardien dans l’ambiance glaçante de l’ancienne usine construite de béton et de métal pour prévenir le fort risque d’incendie du celluloïd. L’histoire se passe en 1905, le 21 septembre, jour de l’inauguration de la Grande Vapeur. Un vol a été constaté la veille dans une famille de fabricants de peignes de la ville. Les joueurs devront, à partir de photos des piéçards et au gré d’énigmes à résoudre, déterminer le profil du coupable pour le retrouver lui et son butin. C’est au médiateur Julien que revient la tâche d’imaginer la trame. « Tout est conçu ici. » Une légitimité acquise pour l’équipe du Musée qui fait de son fonds – et nombreuses connaissances sur le sujet – un vivier de ressources infinies, au service de joueurs en quête de nouvelles aventures… « Le jeu dure une heure environ. Il n’est ni trop facile, ni trop dur, promet Virginie Kollmann-Caillet. Et si vraiment les joueurs sont bloqués, on pourra leur venir en aide. » Bien sûr, le décor naturel du bâtiment sera agrémenté de nombreux objets qui ajouteront au mystère. Une immersion comme on les aime !
Escape game à la Grande Vapeur Les 25 avril, 6 juin, 24 octobre & 28 novembre Tarif : 7 € par personne Par groupes de 2 à 8 joueurs Sur réservation au 04 74 81 96 80
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Posté le 19 mars 2025 par La Rédaction
Originaire d’Alsace et titulaire d’une licence pro en injection plastique, Guillaume Jarno est pompier volontaire, des deux côtés de l’Atlantique. Fils de pompier volontaire, c’est dès son stage en milieu professionnel, en classe de 3e, qu’il s’investit au sein de la corporation. Salarié d’une entreprise de la Plastics Vallée, Guillaume est envoyé en 2019 aux État-Unis pour un volontariat professionnel. Il y reste jusqu’en avril 2021, et vit la période Covid depuis le continent américain. C’est à son retour que le capitaine Jacquemetton du centre de secours l’intègre à l’équipe des pompiers volontaires d’Oyonnax. Retourné et installé depuis septembre 2022 à Rochester, dans le Michigan, à côté de Détroit, il continue de travailler pour AdduXi, mais passe ses soirées et weekends à la caserne de la ville comme pompier volontaire. Un gros investissement ? « Oui, mais j’aime ça ! Quand on découvre un pays étranger, on s’accroche à des choses que l’on connaît. On s’intègre sur ce que l’on sait faire.J’étais déjà pompier volontaire en Alsace. Ici, il y a des programmes qui permettent de suivre les pompiers en intervention ; cela m’a permis d’intégrer la caserne en 2019, de découvrir le métier ici et d’y faire ma bande de potes. Cela m’a donné envie de revenir, car ils sont devenus plus que des potes. C’est une famille. » On perçoit en effet aisément l’attachement de Guillaume aux amis rencontrés outre-Atlantique et qui l’ont accueilli dans leur famille pour Thanksgiving ou en période de confinement pendant la crise sanitaire… « Quand je suis revenu ici, j’ai d’abord retrouvé les mêmes personnes. Il y avait une fire academy – où il a pu valider ses modules de pompier aux États-Unis, NDLR. Ça m’a donné une légitimité, malgré mon expérience en France. J’ai fini avec les meilleurs résultats, ça m’a aidé à m’intégrer. La formation m’a également aidé à tisser des liens avec d’autres gens. » Au-delà de l’esprit de corps, commun aux pompiers français comme américains, Guillaume trouve ici un état d’esprit qui lui plaît : « Celui de montrer que l’on a envie. C’est ainsi que l’on gagne sa place. »
Pompiers français et américains : quelles différences ?
« Sur le fond, aucune ! On éteint les feux, on sort les gens des voitures accidentées… C’est juste dans la façon d’agir, dans les protocoles. La tenue change également : le casque n’est pas le même et la tenue est plus lourde, et personnelle, assignée à chaque pompier. Sinon, les camions sont bien les mêmes que ceux que l’on voit dans les films et avec la même sirène ! » Quant à la vie aux États-Unis, elle semble à Guillaume plus apaisée que celle en France. Les gens sont moins stressés, dans le travail, sur la route… et jouissent de plus de libertés qu’en France. Cela se ressent jusque dans ses missions à la caserne. Et s’il fallait un jour plier bagage et revenir au pays ? « Je pense que je reviendrais à Oyonnax, notamment pour la caserne et la bonne ambiance entre pompiers professionnels et volontaires ! » D’un côté comme de l’autre de l’Atlantique, il est un même et bel état d’esprit porté par Guillaume, pour qui relever les défis et suivre ses aspirations semblent être évidents. « S’il y a la volonté, si l’on est déterminé, on peut le faire. Il n’y a rien d’impossible ! »
Devenir pompier volontaire : pourquoi, comment ?
Qui mieux que le capitaine Jacquemetton, chef du centre de secours d’Oyonnax, pour répondre à cette question ?
• Pourquoi s’engager en tant que pompier volontaire ? Parce que l’on a envie de donner du temps pour les autres, se rendre utile pour la société, avoir un engagement citoyen, avoir une quête de sens pour soi-même… C’est aussi trouver une équipe jeune, dynamique. On se rapproche de l’esprit sportif, sans que l’on soit sportif de haut niveau.
• Si je ne me sens pas assez sportif ? On doit avoir une aptitude physique et médicale ; il faut remplir les minima, sans que ce soit des attendus extravagants. Si vous n’avez pas la meilleure des conditions, on va vous aider à la développer, avec des formateurs et des installations sportives.
• Si je ne me sens pas d’intervenir sur un incendie ? Aujourd’hui, on n’a plus l’obligation de partir sur les feux. Le SDIS de l’Ain propose un engagement différencié sur le secours à personne uniquement, qui représente quand même 80 % de nos missions.
• Si je me sens trop vieux pour m’engager ? On peut s’engager à partir de 16 ans et jusqu’à 55 ans ! On refuse rarement des gens ; on est parfois juste réticents quand les gens ont déjà beaucoup d’activités et d’engagements par ailleurs.
• Si j’hésite encore ? Franchir le pas de la caserne n’engage à rien. La caserne est ouverte, on est là pour répondre aux questions. On a besoin de femmes et d’hommes : qu’ils n’hésitent pas ! Ils nous envoient un mail et on les rappelle pour en discuter ou convenir d’un rendez-vous.
On vous donne même l’adresse : 35, route de Marchon à Oyonnax Et l’adresse mail : oyonnax@sdis01.fr
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Posté le 19 mars 2025 par La Rédaction
Il aurait pu l’appeler « salle des pas perdus », en clin d’oeil à ses oeuvres – reprenant chacune le modèle de pieds entremêlés – attendant d’avoir leur propre symbolique… Mais c’est « Atel’ièps » que l’artiste a choisi, et peint sur la porte en lettres d’écolier, pour désigner son espace de création.
Mickaël Clebert est devenu artiste après une blessure maligne à la cheville. Un coup d’arrêt au skate – dont il entendait faire l’objet de sa carrière – mis à profit par le trentenaire pour explorer une nouvelle discipline, sinon sportive alors artistique, et par elle acter un rebond magnifique. « Continuer à marcher. » Tel est le crédo de Mickaël qui, le temps de sa convalescence, sa quête aussi d’un autre chemin vers soi, trouve dans ses carnets de croquis une force créatrice et les bases d’un nouvel univers. Il y a eu les fleurs d’abord, de celles qui font éclore un homme ; et rapidement le pied, mêlé à 16 milliards d’autres, sur ses toiles et sur Terre. L’artiste le sait, il tient son motif. Son identité. Le pied, celui qui l’a fragilisé à l’époque et le porte aujourd’hui. Du corps, Mickaël ne retient que les pieds, qu’il trace très géométriques, comme pour illustrer la rudesse du monde, adoucie pourtant par le lien qui les unit dans un ensemble esthétique, presque hypnotique. Un résultat que l’artiste lui-même peine à soupçonner avant de revenir à lui après un état méditatif où l’intuition prend… le pas sur la réflexion. « Le moment de création doit être dûment installé, pour permettre à l’âme de monter en vibrations. » Car c’est à un voyage que convie l’artiste dans chacun de ses tableaux. Voyage dans l’imaginaire de celui qui regarde et interprète. Si la toile est un cadeau, elle n’a jamais le même sens pour celui qui l’offre et celui qui la reçoit. C’est dans cette rencontre exactement, que réside la beauté des toiles de Mickaël.
Grande famille
La communauté dont la vie l’a sorti – celle de skateurs passionnés – Mickaël la retrouve par la peinture avec des artistes au même allant que lui transcendés par la création et l’expression dans leurs travaux de ce qu’ils recèlent au fond. « Peindre, c’est être connecté avec soi. » Par la planche ou par le pinceau, il fait aller, laissant à la matière la responsabilité de l’oeuvre finale, de la figure, fut-elle dans les airs ou sur sa toile. Il y a dans le sport et dans l’art la combinaison de la technique et de l’esthétique. La quête d’un équilibre entre exigence et élégance. La coexistence du complexe et du minimaliste. Sa maîtrise, Mickaël la doit à la pratique uniquement. À la confrontation de son travail à celui d’autres. « J’ai besoin d’être bouleversé. » Pas de comprendre. C’est affaire de coeur avant tout. Un coeur d’enfant. Et s’il est un souhait cher à celui de l’artiste, c’est d’unir les mondes dans un même espace. Soit les skateurs et les habitants des villes, en faisant du mobilier urbain des supports de création voués à être survolés, arrondis et patinés. Les petits, moyens et grands du monde, tels qu’illustrés dans sa Pyramide sociale. Les acteurs de la communauté artistique aussi – si éloignés soient-ils par la nature de leur pratique – dans son projet rêvé d’atelier commun, Fondation même, où chacun serait libre de donner à son talent l’existence qu’il mérite. Mais comme il faut du temps pour laisser à chaque oeuvre la chance d’exister, d’arriver à pleine maturité, Mickaël sait devoir attendre encore pour parvenir au sommet. De son art et de ses ambitions.
Les 2, 3 et 4 mai prochains, Oyonnax sera le théâtre des championnats de France individuels de gymnastique artistique, qui se dérouleront à Valexpo. Le club Les Enfants du Devoir d’Oyonnax (EDO), organisateur de l’événement, se dit « très fier de la confiance accordée par la Fédération française de gymnastique ». Il faut dire que cette association oyonnaxienne a acquis une solide expertise dans l’organisation de compétitions, avec plusieurs championnats de France à son actif depuis la première édition en 1983. Un peu plus de 1 200 gymnastes sont attendus pour un spectacle d’exception, réunissant les meilleurs athlètes français. Les athlètes masculins se feront face sur 6 agrès différents : le sol, les arçons, les anneaux, le saut, les barres parallèles et la barre fixe, tandis que les féminines se challengeront, elles, sur 4 agrès : le saut, les barres asymétriques, la poutre et le sol. Rendez-vous à Oyonnax pour une compétition qui s’annonce palpitante !
Championnat de France de gym Les 2, 3 et 4 mai à Valexpo Tarif : à partir de 13 € Information : 04 74 77 97 56 – edo-gym@wanadoo.fr
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Posté le 19 mars 2025 par La Rédaction
C’est un atelier d’artiste, comme ceux que l’on imagine. Avec des toiles, partout. Les terminées au mur et celles en cours par terre, sur des bouts de carton. Les pots et pinceaux sont posés sur une table, dans un coin de la pièce. Éparpillés quand vient le temps de la création. Il y a les coulures, les gouttes aussi, sur la nappe et sur le parquet. Les marqueurs de l’art sont là et dès l’entrée l’identité de l’artiste. C’est Geneviève Girod qui a élu – non domicile, quoique, mais – atelier ici. Ses toiles sont un appel à vivre et observer. Fouiller dans l’image ce que l’on n’a pas décelé l’instant d’avant. Revenir et réfléchir, sinon se laisser porter. L’artiste a pris le temps d’observer. D’analyser… Car c’est au cœur du tableau, dans la nature, à son service même, qu’elle a œuvré plus de 30 ans. Et encore aujourd’hui. Geneviève est écologiste de formation et son travail, toujours, a consisté à combiner le sauvage et le domestiqué. À réunir la nature et le jardin dans un ensemble esthétique, comme elle combine aujourd’hui le geste libre et la quête d’un rendu maîtrisé dans ses travaux. Un transfert, opéré dans la continuité : « J’ai eu besoin de travailler la matière, les formes et couleurs. » Être dehors, par la fenêtre qu’elle ouvre en art. « La nature, c’est de l’imaginaire.«
Somme de choix
Sa palette change à chaque saison : très colorée l’été, plus douce l’hiver. Mais il est une tonalité dont elle ne se départit jamais : celle orangée, jaune, éclatante et solaire, qu’elle insère, en fond comme en surface, dans chacune de ses œuvres. Par couches successives, elle apporte la lumière, essentielle, et la profondeur. Pinceau, brosse, outils divers aussi, détournés de leur usage en bâtiment pour poser les bases d’un monde imaginaire : Geneviève n’impose aucune limite, fut-elle matérielle ou technique, à son art. Un travail à l’instinct, libre, chaotique. « Une phase de jeu« , où l’artiste compose en parallèle toutes les toiles d’une même série. Sa règle ? « Ne jamais rester trop longtemps sur un même tableau. » Pour garder la fraîcheur et l’envie d’expérimenter. « Le plaisir, surtout ! » Par un jeu d’alternance, tantôt d’épaisseur ou de couleur, Geneviève crée la texture à laquelle, plus tard, elle adjoint un motif. « C’est un choix entre plusieurs voies possibles. » Un parti, pris sur la base d’essais plus ou moins fructueux. « La difficulté étant de savoir à quel moment s’arrêter… » Pas trop tôt, pour laisser à la toile le temps de vivre avec son spectateur. Et pas trop tard, pour ne pas l’y perdre. « Mais même si l’on rate ce moment, on peut refaire. C’est tout l’avantage de ce travail en couches : il n’y a aucun risque. » C’est aussi toute la symbolique du travail de l’artiste. Une allégorie de la vie, où l’on fait, parfois sans réfléchir et parfois en ayant dû. Où l’on bride puis libère. Où l’on tente, tombe puis se relève. « C’est l’histoire de ma vie. » Sa philosophie, sa démarche en tant qu’artiste aussi. L’apprentissage par l’expérience, jusqu’à trouver son essence. « Mais finalement, ce n’est pas ce qui compte, quand une personne regarde un tableau… Peu importe ce qu’il y a derrière, chacun sa réalité et sa façon de recevoir l’art dans ce qu’il représente pour lui. Vous direz crevasse dans la neige quand je dirai rivière vue du ciel. Ma récompense n’est pas dans l’interprétation que l’on fait de mes toiles, mais dans le plaisir que l’on prend à les contempler.«
Geneviève Girod En exposition permanente dans la galerie En dehors du cadre (3, rue Pierre-Brunet à Oyonnax) En mai à H2M (5, rue Teynière à Bourg) www.genevievegirodart.com Facebook et Instagram
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Posté le 19 mars 2025 par La Rédaction
C’est une aventure qu’ils abordent à trois : Yoann, Ethan et Antoine. Trois, comme les Totally Spies… le nom que les amis ont choisi pour désigner leur équipage, en partance pour un mois dans quelque 20 pays d’Europe à bord d’une 205. C’est à l’Europ’raid que ces jeunes du territoire (Viry, Arbent, Oyo) se sont inscrits après que l’un d’eux a découvert son existence sur les réseaux sociaux et projeté de vivre l’expérience ensemble. « Yoann m’a appelé en pleine nuit pour me demander si j’étais chaud pour un tour d’Europe. Et bien sûr, j’ai dit oui ! » Les amis d’enfance sont rejoints dans leur projet par Antoine qui est aussi le 3e de la coloc’ qu’ils partagent pour leurs études. Pas d’appréhension, donc, sur le plan de la cohabitation. Une en revanche, sur le plan mécanique. Mais le trio sait pouvoir compter sur l’aide d’Adam et Fabio pour mettre leur 205 en état d’assurer les 8000 km qui les attendent. « On tâche aussi d’observer et d’apprendre, pendant qu’eux gèrent les réparations… » En plus du périple proprement dit, Yoann, Ethan et Antoine acheminent jusque loin sur le continent – en Europe de l’Est essentiellement – 70 kg au moins de fournitures sportives, scolaires ou médicales, en soutien aux enfants défavorisés. Une dimension sociale et solidaire chère au trio, impatient d’aller à la rencontre des locaux et partager avec eux des souvenirs impérissables. « L’organisation préconise un itinéraire, mais l’on reste libres de s’arrêter ou faire un détour si l’on en a envie. » Ils en ont envie… déjà ! Les soirées en bivouac seront quant à elles l’occasion d’échanger avec les autres participants. Soit 250 équipages au total, à raison de 3 personnes dans chaque : « Ça fait du monde ! » Une affluence record pour cette 10e édition du raid qui devrait réserver quelques surprises… Les Totally Spies en 205 sont d’ores et déjà préinscrits pour prendre le départ en août, depuis Belfort, après une visite au musée Peugeot… « Mais d’ici juin, on doit boucler le budget. » Autrement dit réunir 8000 € venant couvrir l’achat de la voiture, les frais routiers et logistiques entre autres. « Nous sollicitons des dons financiers en contrepartie d’une visibilité sur la 205 ou des dons en nature pour compléter notre liste de matériel. » Le trio même jeune ne craint pas d’aller au-devant des entreprises du secteur pour proposer de l’accompagner dans son projet. « On est assez à l’aise, c’est une chance ! » Il découvre aussi les joies administratives inhérentes à sa participation à l’Europ’raid : création d’une association, d’un compte bancaire pour la cagnotte. « On ne s’imaginait pas que ce soit si chronophage. » Tous, au sein de l’équipage, n’ont pas fait l’expérience du voyage au-delà des frontières françaises. Mais tous ont hâte. Pour le dépaysement, culturel, paysager… « Je crois que l’on ne réalise pas les retombées positives de cette aventure. » Car c’est la promesse de revenir grandi dans la débrouillardise et l’expérience de vie. En route, jeunes gens !