Le Néo-Zélandais raconte son adaptation à la vie dans la Plastics Vallée.
« Je n’aurais jamais pensé que je serais ici », confie Gavin Stark avec un petit rire, en se penchant sur une chaise de jardin en plastique dans la salle de l’amicale d’Oyonnax rugby. Le rugbyman de 29 ans a grandi dans une ferme sur l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande. Bien que Stark ait été habitué à vivre entouré de moutons et de vaches, il a toujours rêvé de jouer au rugby professionnel. « D’où je viens, c’est presque comme si tu naissais avec un ballon de rugby dans les mains. Tous les enfants de ma région jouaient. Mais quand j’étais jeune, j’ai voulu aller plus loin. Pendant mon enfance, je regardais le même match en boucle et je suppliais mon père de sortir pour m’aider à reproduire des essais en fin de journée », raconte-t-il.

Gavin explique que ce n’est qu’à l’adolescence qu’il a envisagé la possibilité de jouer au rugby en France. À 23 ans, ce rêve est devenu réalité. « Je me souviens que certains de mes joueurs kiwis préférés, comme Dan Carter, signaient des contrats avec des équipes françaises. Pour moi, jouer en France est alors devenu une option », dit Stark. Le Néo-Zélandais a d’abord signé un contrat à Biarritz avant de rejoindre Oyonnax en 2022. L’éloignement de son domicile et de sa famille n’a pas été le seul défi qu’il a dû relever en s’installant à l’autre bout du monde. « Je ne connaissais pas le français et je savais très peu de choses sur la culture française. Je m’y suis rapidement intéressé et, même si l’adaptation a été difficile au début, le changement a été bénéfique », confie-t-il. Gavin explique que sa plus grande difficulté en arrivant à Oyonnax a été l’apprentissage de la langue. Il souligne que Biarritz, une ville comptant de nombreux anglophones, lui avait permis de passer ses premières années en France avec un niveau de français relativement bas. « Ma première année à Biarritz, mon français était si mauvais que j’ai essayé de me faire des amis en commandant des bières en français et j’ai fini par commander de l’eau », dit-il en secouant la tête et en riant de lui-même. « Je suis heureux d’avoir progressé depuis. » Gavin affirme que son arrivée à Oyonnax l’a encouragé à améliorer son niveau de français, ce qui dehors du terrain. Le rugbyman dit qu’il a l’impression d’avoir expérimenté la diversité culturelle et paysagère de la France en vivant à l’ouest, puis à l’est du pays.

Il apprécie l’aspect communautaire de la vie à Oyonnax et a participé à de nombreux événements locaux au fil des années. Par le passé, il avait rejoint le club de tir à l’arc d’Oyonnax pour améliorer son français. Il aime aussi explorer la région, en faisant des randonnées au lac Genin ou des excursions dans des villes voisines comme Genève, Annecy et Lyon. Grâce à sa meilleure maîtrise de la langue, Gavin a pu tisser des liens avec des Français. Lui et sa compagne apprécient également les barbecues avec le reste de l’équipe. Il affirme qu’ils ont aimé partager des repas faits maison avec les membres de l’équipe et qu’ils apprécient l’esprit de camaraderie propre à un club de rugby comme Oyonnax. « Beaucoup de joueurs aiment découvrir de nouveaux torréfacteurs en France. En tant qu’amis, nous commandons des grains de café auprès de petites entreprises aux quatre coins du pays presque chaque mois, dans l’espoir de trouver les meilleurs », ajoute-t-il. Gavin explique que l’une des grandes leçons qu’il a apprises depuis son arrivée en France est l’importance de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, un aspect fondamental de la culture française. « Il est agréable de voir les habitants d’Oyonnax prendre leur déjeuner avec leur famille et leurs amis ou aller au marché le week-end », dit-il. C’est une habitude qu’il a adoptée : auparavant, ses pauses déjeuner se limitaient à un repas rapide de 20 minutes, mais il prend désormais le temps de profiter d’un moment agréable avec sa compagne ou ses amis. Gavin a pris l’habitude de ralentir, que ce soit pour aller nager, se promener ou boire un café en bonne compagnie. Si la longue pause en milieu de journée le déroutait au départ, il la voit aujourd’hui comme un moyen de tirer le meilleur parti de chaque journée. Lorsqu’on lui demande quel conseil il donnerait à un nouvel arrivant à Oyonnax, sa réponse est simple : « Sortez de chez vous ! » Pour lui, le meilleur moyen de s’intégrer est d’explorer la nature locale et de s’impliquer dans la communauté. « C’est la seule façon de vraiment connaître un endroit », conclut-il.
