Posté le 24 mars 2026 par La Rédaction

Elle était attendue, depuis sa blessure l’an dernier. Une double fracture de la malléole lui ayant valu une plaque, des vis à la cheville et une interdiction formelle de courir… Sarah Charles a néanmoins réussi son retour avec, en fin d’année une 2e place à l’Ultra trail de Tahiti Moorea (80 km), et en février une 6e à l’épreuve reine (100 km solo) de la Trace des Maquisards, à Oyonnax. Portrait d’une sportive « déter ».

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Aux embruns, Sarah a préféré les sapins. Arrivée de Cannes il y a 8 ans, en sortie de concours Etaps, la jeune femme a rejoint l’Agglo comme maître-nageur sauveteur, se laissant avec les années séduire par les reliefs haut-bugistes. « Personne ne comprend qu’en venant de la Côte d’Azur, je me sente bien ici ! La mer c’est beau, mais le temps d’un week-end, ça suffit… » Sarah disputait ici ses premiers trails.  D’abord en équipe, « on avait des dossards par HBA« , puis solo. « Je ne voulais dépendre de personne. Ne pas être frustrée par un résultat si j’avais fait mon job ! » Alors de 26 km, Sarah passe à 53, puis 80. « Le 80, je l’ai mal vécu. Je ne savais pas qu’il fallait manger. » Une entorse – manger entre les repas – à l’hygiène de vie à laquelle s’astreint la trentenaire. « Mais il manquait de carburant. » Alors les habitudes peu à peu ont été prises aux ravitos… « Un jour en footing, se rappelle Sarah, un pote m’apprend que 3000 € attendent celui ou celle qui boucle l’Ultra trail 01 en moins de 26 h. » Le défi était tout trouvé ! Une première expérience longue distance, abordée sans trop réfléchir. « J’avais une bonne condition physique. Mon objectif, c’était de finir et prendre du plaisir. » Deux grands principes dont elle ne s’est jamais départie.

« J’ai vu que j’étais douée, alors j’ai recommencé »

Loin de s’être crue capable d’en faire autant, Sarah découvre son potentiel au gré des performances. « On apprend à se découvrir, on repousse les limites » sur des parcours éprouvants faisant passer par tous les états émotionnels. Avec des fins de course au bout du rouleau et des retours au départ avec une hargne intacte. « Mais j’écoute mon corps« , tempère la sportive, soucieuse de préserver son outil et allié. Sarah s’illustre sur plusieurs grandes échéances : l’Ultra 01 sur le 170, Trace des Maquisards au 80 puis au 100… avant donc une blessure l’an dernier forçant à calmer le jeu. « J’avais l’objectif de Moorea en fin d’année. » De quoi garder le rythme et s’entretenir à travers la nage et le vélo, plus tard la course à pied. Finalement Sarah a avalé les 80 km et quelque 4000 m de dénivelé pour se classer 2e malgré des conditions difficiles : « beaucoup de racines, de la boue, l’humidité, jusqu’à 27° la nuit« …
L’épreuve aura été particulièrement difficile moralement. « J’ai voulu abandonner. » Mais le soutien de proches, un en-cas salé, un peu d’eau sur la tête et de la bonne musique ont permis de redémarrer et de pousser jusqu’au bout. À Oyo, le différentiel entre les 100 km annoncés et les plus de 108 effectifs aura mis un coup au moral de Sarah. « Quand la distance s’allonge, le défi devient encore plus grand.« 
Mais à nouveau, « ceux qui [la] suivent, [la] soutiennent et croient en [elle]… » l’auront portée. Une fierté  de plus à son palmarès.

Écouter son corps

Pour Sarah, la course doit rester un plaisir… « En tout cas, tant que je ne courrai pas pour une team ! » Restée libre dans sa prépa, la sportive ne suit pas de programme ni ne s’entraîne systématiquement en fractionné. « Mais je m’écoute. » Et bouge constamment, peu importe de quelle façon. « Par exemple, si j’ai 30 minutes devant moi, je préfère être dans l’eau que scroller sur mon téléphone. Qu’est-ce que ça m’apporte, sinon ? Je pense à mon bien-être et me donne les moyens de mes ambitions. » Chacun verra en elle un modèle à suivre. Assurément.

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Photos : Daniel Sandu