Quand on rencontre Hervé pour la première fois, on ne se rend pas compte de son handicap, en grande partie invisible, ni des efforts quotidiens et sportifs qu’il lui demande. « J’ai commencé le triathlon en 1997, et en club 10 ans plus tard, pour apprendre à nager le crawl et participer à de plus longues distances, ce que j’ai fait ensuite pendant des années. Mais en juillet 2023, j’ai attrapé une mononucléose, comme seulement 1 % des adultes. Après 18 jours de fièvre et quelque 8 kg perdus, le virus a déclenché le syndrome neurologique de Parsonage-Turner. J’ai perdu la connexion nerveuse entre mon cerveau et le haut du corps : je n’arrivais plus à lever les bras, les épaules ni la tête. » Loin de s’appesantir sur son sort, Hervé explique surtout que le sport – lors de sa rééducation et aujourd’hui encore – l’a aidé à se dépasser : « La kiné, la psychomotricienne et tous les rééducateurs m’ont permis de faire avancer la repousse nerveuse périphérique, pour essayer de récupérer de la motricité. La maladie évolue pendant 3 ans, donc je serai fixé l’année prochaine. Au début, j’étais abattu et je ne pensais pas refaire du triathlon. Mais courant 2024, j’ai pu reprendre les entraînements au club ainsi que les courses ! Si la Fédération française de triathlon, la ligue AURA, mon coach Florian Schäfer et le club Trispiridon Oyonnax ont tout mis en œuvre efficacement et simplement pour ma pratique en formation et en entraînement, cela reste parfois plus compliqué lors de courses récemment créées. Mais généralement, tout se passe bien : chaque paratriathlète a des adaptations qui correspondent à son handicap. On est accompagnés durant la natation par un kayak, à vélo par une moto ouvreuse et en course à pied par un VTT. On se sent en sécurité et l’on peut se concentrer sur notre course. » Et le résultat se voit ! En Haute-Loire mi-juillet, Hervé a parcouru 2700 m de natation, 107 km de vélo (avec 2000 m de dénivelé positif) et 20 km de course en trail (avec 400 m de dénivelé positif) en 7 h 45 ! Au-delà de la motivation pour sa santé (la natation et le vélo sont portés) et son esprit de battant, « ça montre aux autres que c’est possible, chez les spectateurs aussi. Donner envie, donner du positif aux gens sur le parcours, et leur montrer que le mental est plus fort ! »
Pour rencontrer Hervé (responsable du site Internet et bientôt vice-trésorier) et les 72 licenciés du club Trispiridon Oyonnax, rendez-vous au Forum des associations, samedi 6 septembre, ainsi que lors de leur semaine découverte, du 14 au 21 septembre. La pratique, en loisir comme en compétition, est ouverte à tous, à partir de 16 ans, quel que soit le niveau.



Plus d’infos ? www.trispiridon.com