Les plus belles histoires naissent parfois de pas grand-chose. Pour Nicolas et Andréas, cartographes au SDMIS (Service départemental et métropolitain d’incendie et de secours) à Lyon à l’époque, le point de départ a été l’emblématique pause café d’un officier charismatique, mazagran à la main (tout est là). Une sorte de tasse haute sans anse, typique de la vaisselle des grands-parents, depuis devenue nom et symbole de leur marque, Mazette & Mazagran. Le duo n’est plus au SDMIS ni à Lyon (Andréas vit en Ardèche, Nicolas sur le Plateau d’Hauteville), mais il est resté ami et planche, au gré de rares rencontres et nombreux échanges en visio, sur un projet autour du jeu vidéo. Un jeu d’arcade, tel que l’ont connu les enfants des années 1980-1990. Et tel qu’ont souhaité le faire revivre les trentenaires, portés par leurs talents respectifs en dessin et développement. C’est à l’arrière du fourgon de Nicolas, dans un double fond – le reste du volume étant réservé à son matériel de ramonage – aménagé comme une borne d’arcade à l’ancienne, que l’on se presse pour combattre les monstres lancés à l’assaut d’un village. Mieux que sur une manette de console, plus simple surtout pour les novices en jeu vidéo mais amoureux de l’ambiance et du style rétro, les commandes se limitent à un stick à gauche pour monter ou descendre, et deux boutons à droite pour blaster les monstres…
Pixel art
Chaque partie dure à peu près 10 minutes. Mais plus qu’à remplir une mission, True Cult, c’est le nom du jeu, invite à passer un bon moment. « On installe le Percolator – percolateur, mazagran… vous aurez fait le lien – sur des événements en plein air et les gens se bousculent pour jouer ! » Ravis de renouer avec le monde pixellisé de leur enfance, sur un format minimaliste mais génial… et accessible à tous. « L’idée étant de pouvoir y jouer peu importe son âge, son niveau ou son équipement. » Le duo mise sur une esthétique rétro, à contre-courant des créations modernes et saturées d’informations. Tout est pensé, dans l’image et jusque dans la musique, pour accentuer encore le côté rassembleur du jeu. C’est à Baptiste Gagnaire (Baptman production), voisin de Nicolas et intermittent du spectacle de son état, qu’est confiée la prod’ dans un esprit son de festival, idéal pour cadencer les appuis frénétiques aux commandes de l’arcade. Car « jouer, c’est un peu comme danser. C’est une sorte de transe. »
Jeu d’auteur
Le concept plaît, Nicolas et Andréas le vérifient à chacune de leurs apparitions sur les manifestations… Mais la version du jeu proposée au camion est une version simplifiée fruit de deux ans de réflexion sur le concept, de travail graphique, de tests et débuggages ; en attendant celle plus aboutie que les amis soumettront d’ici septembre à un éditeur dans l’espoir de voir le jeu True Cult figurer sur les plates-formes de téléchargement. Si le monde du jeu vidéo est de ceux que l’on pénètre avec l’aide de gens qui en font partie, difficilement, donc, il réunit des passionnés, animés par le jeu lui-même, plus que par le profit qu’il génère. « Et si quelque chose qui te fait rire arrive à générer de l’argent, alors c’est tout bénef’ ! »

Fédérateur
Ce jeu est aussi un formidable lieu de rencontre et d’échange : « On y joue dans un contexte festif, chacun s’appropriant l’histoire, commentant la partie de l’autre et (se) mettant au défi de faire mieux que celui d’avant. » Nicolas et Andréas continuent de développer le jeu – pour l’instant en parallèle de leurs activités – et d’assurer une présence désormais attendue sur les festivals, les gamers tentant chaque fois de battre un record et grossissant, au fil des éditions, les rangs d’une communauté cool, nostalgique juste ce qu’il faut, et franchement drôle. Faites l’expérience du jeu avec Mazette & Mazagran ! Il paraît qu’ils offrent le café.
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