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Cécile Jandaud : l’art au creux de l’âme

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La musique, le chant, le dessin, la peinture… le goût de la scène, même. Tout était déjà là. Et tout est revenu lorsque, crise Covid oblige, le monde – l’activité économique avec lui – s’est arrêté de tourner. Cécile Jandaud est responsable de projets dans le bâtiment. « Mais ce n’est pas ce qui m’anime. » Alors elle se forme : en chant chez Pop musique à Oyonnax, à l’art-thérapie. « Ça a réveillé plein de choses. » Et suit une masterclass auprès d’Anna Chedid, dont les mots : « Arrêtez d’être votre frein », ont fait écho au point que l’artiste a accouché dans la foulée de sa première chanson. Il était une fois, c’est le titre, parle de l’enfant intérieur. Celui qui dès 5 ans jouait du piano et faisait des concerts au milieu du salon. « J’ai trouvé les mots à mettre sur mes émotions. Puis la musique. Puis les images. » Car c’est un projet artistique dans les grandes largeurs auquel aspire Cécile, de son nom d’artiste F-ame, accompagnée pour la compo des chansons et l’enregistrement du son par Nico Sarro dans son studio rhodanien, et son ami Constantin. « J’avais besoin de prouver que j’étais capable. » De ce premier titre, F-ame a tiré l’envie d’aller plus loin. Ont donc suivi d’autres titres, 7 en tout, qui composent l’album sorti cette fin mai : Il était une F-ame. Façon pour elle, qui fête ses 40 ans cette année, de renouer avec sa féminité.

L’âme et l’instinct

Renouer avec sa spiritualité : tel est le chemin suivi également par Cécile… D’abord par hasard, avec l’animation d’un atelier de chant improvisé au Relais des Gens Beaux, à Martignat. « La dame qui devait animer n’est pas venue et il y avait plein d’inscrits : j’ai pris le relais avec d’autres intervenants ! » Et continue, aujourd’hui encore, à raison d’une session par mois le lundi, secondée par son ami Constantin à l’écriture. « Ce n’est pas un cours. Plutôt un espace bienveillant où chacun vient déposer ses émotions et lâcher prise. » Temps méditatif, cercle de parole, improvisation composent ces ateliers ouverts à tous. « Les hommes sont évidemment bienvenus », invite Cécile, soucieuse de leur proposer un lieu où chacun puisse exprimer ses émotions sans se sentir jugé. « Je vois de mêmes personnes qui reviennent et se livrent ; ça fait chaud au cœur. »

L’expérience du lâcher-prise

Depuis le début d’année, Cécile fait elle-même l’expérience du lâcher-prise avec, lors de ses concerts, la composition d’une toile en direct. Petit à petit. « J’insérais déjà quelques lectures entre les chansons, mais j’avais envie d’y mettre aussi la peinture. » C’est en février, à Bolozon – le lieu de tous les débuts – qu’elle se lance. « Je pensais devoir tout ficeler avant une représentation. Finalement non : le public n’a pas d’attente sur ce point. Ça n’est que du plus ! » Deux moments constituent son théâtre de création : le titre Amour de mes vies, et la parenthèse chant intuitif. « Je reprends la même toile à chaque concert et j’avance, sans la moindre idée de ce à quoi elle va ressembler. J’ai parfois envie d’y mettre quelque chose, quand je la vois chez moi, mais je me force à attendre… Les émotions que je dépose à l’instant du concert sont toujours différentes, plus intenses. » Par sa démarche, F-ame se met à nu. Et ne triche pas : « On a l’habitude de voir une oeuvre terminée. Là, le public assiste à sa construction. Aux phases de doute qui l’accompagnent. » De ses tableaux, l’artiste veut monter une expo. Où, quand, comment : elle la saura quand le moment sera venu. L’intuition, toujours.

Cécile Jandaud
Au cœur de F-ame

06 78 96 64 00 – aucoeurdefame@gmail.com
Prochaines dates : dimanche 7 juillet après-midi, au festival Woua’art de Nantua + vendredi 12 juillet, à 20 h 30 En dehors du cadre à Oyonnax

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