Posté le 20 juin 2024 par La Rédaction

La musique, le chant, le dessin, la peinture… le goût de la scène, même. Tout était déjà là. Et tout est revenu lorsque, crise Covid oblige, le monde – l’activité économique avec lui – s’est arrêté de tourner. Cécile Jandaud est responsable de projets dans le bâtiment. « Mais ce n’est pas ce qui m’anime. » Alors elle se forme : en chant chez Pop musique à Oyonnax, à l’art-thérapie. « Ça a réveillé plein de choses. » Et suit une masterclass auprès d’Anna Chedid, dont les mots : « Arrêtez d’être votre frein », ont fait écho au point que l’artiste a accouché dans la foulée de sa première chanson. Il était une fois, c’est le titre, parle de l’enfant intérieur. Celui qui dès 5 ans jouait du piano et faisait des concerts au milieu du salon. « J’ai trouvé les mots à mettre sur mes émotions. Puis la musique. Puis les images. » Car c’est un projet artistique dans les grandes largeurs auquel aspire Cécile, de son nom d’artiste F-ame, accompagnée pour la compo des chansons et l’enregistrement du son par Nico Sarro dans son studio rhodanien, et son ami Constantin. « J’avais besoin de prouver que j’étais capable. » De ce premier titre, F-ame a tiré l’envie d’aller plus loin. Ont donc suivi d’autres titres, 7 en tout, qui composent l’album sorti cette fin mai : Il était une F-ame. Façon pour elle, qui fête ses 40 ans cette année, de renouer avec sa féminité.

cecile jandaud

L’âme et l’instinct

Renouer avec sa spiritualité : tel est le chemin suivi également par Cécile… D’abord par hasard, avec l’animation d’un atelier de chant improvisé au Relais des Gens Beaux, à Martignat. « La dame qui devait animer n’est pas venue et il y avait plein d’inscrits : j’ai pris le relais avec d’autres intervenants ! » Et continue, aujourd’hui encore, à raison d’une session par mois le lundi, secondée par son ami Constantin à l’écriture. « Ce n’est pas un cours. Plutôt un espace bienveillant où chacun vient déposer ses émotions et lâcher prise. » Temps méditatif, cercle de parole, improvisation composent ces ateliers ouverts à tous. « Les hommes sont évidemment bienvenus », invite Cécile, soucieuse de leur proposer un lieu où chacun puisse exprimer ses émotions sans se sentir jugé. « Je vois de mêmes personnes qui reviennent et se livrent ; ça fait chaud au cœur. »

L’expérience du lâcher-prise

Depuis le début d’année, Cécile fait elle-même l’expérience du lâcher-prise avec, lors de ses concerts, la composition d’une toile en direct. Petit à petit. « J’insérais déjà quelques lectures entre les chansons, mais j’avais envie d’y mettre aussi la peinture. » C’est en février, à Bolozon – le lieu de tous les débuts – qu’elle se lance. « Je pensais devoir tout ficeler avant une représentation. Finalement non : le public n’a pas d’attente sur ce point. Ça n’est que du plus ! » Deux moments constituent son théâtre de création : le titre Amour de mes vies, et la parenthèse chant intuitif. « Je reprends la même toile à chaque concert et j’avance, sans la moindre idée de ce à quoi elle va ressembler. J’ai parfois envie d’y mettre quelque chose, quand je la vois chez moi, mais je me force à attendre… Les émotions que je dépose à l’instant du concert sont toujours différentes, plus intenses. » Par sa démarche, F-ame se met à nu. Et ne triche pas : « On a l’habitude de voir une oeuvre terminée. Là, le public assiste à sa construction. Aux phases de doute qui l’accompagnent. » De ses tableaux, l’artiste veut monter une expo. Où, quand, comment : elle la saura quand le moment sera venu. L’intuition, toujours.

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Cécile Jandaud
Au cœur de F-ame

06 78 96 64 00 – aucoeurdefame@gmail.com
Prochaines dates : dimanche 7 juillet après-midi, au festival Woua’art de Nantua + vendredi 12 juillet, à 20 h 30 En dehors du cadre à Oyonnax