Posté le 19 mars 2025 par La Rédaction

Sur le parquet poussent les fleurs de son jardin, ou presque. L’artiste a sorti de l’atelier la cinquantaine de toiles qu’il a peintes… Un monde en mille couleurs, Ailleurs sans tourments, paradis doux, sauvage et silencieux dont il fait depuis quelque temps, et chaque année du printemps à l’automne, son bastion de nature. Jacki Maréchal livre dans cette dernière série, l’enfin tranquillité de sa nouvelle vie. Et avec elle, la découverte d’une ruralité sobre et belle. « Des années, j’ai cherché un lieu de repos… » Jusqu’à trouver l’écrin qui désormais l’apaise et le nourrit. La campagne. Si le métier fait le feu, il fait aussi la contrainte. « Quoique sans elle, on ne vit pas ! » Il a fallu créer, bien sûr, surtout dire et montrer. « C’est une exigence inhérente aux artistes » : savoir-faire, et faire savoir. Jacki Maréchal a voyagé, beaucoup, partout, longtemps, pour accompagner ses travaux. Une routine excitante et galvanisante, de laquelle il s’est affranchi lorsqu’il a tout plaqué. « Le propos change, quand vous sortez du monde de la culture. » Les tracas sont ceux du quotidien. Pour aujourd’hui, pas demain. C’est concret, palpable et immédiat. « On se pose d’autres questions. » Les siennes ont été de faire et refaire le jardin, au gré des visites des taupes, blaireaux et sangliers sur son terrain. Déjeuner avec les oiseaux, et reconnaître tel et tel à son allure ou son chant. Installer sa chaise dans le lit de rivière en contrebas. Une vie dehors renouant avec la quête du peintre plus jeune. Notamment cette retraite dans un monastère bouddhiste, donnant au silence sa superbe et à l’homme une pleine sérénité. Aujourd’hui résident impermanent, Jacki loue la simplicité, « celle noble, qui prend les choses telles quelles, sans les compliquer », de la campagne et des gens qui l’habitent. « Tout ici prend un sens fort. » La peinture, d’autant plus.

Au jardin

Car même retiré, l’artiste reste artiste. « Les premières années, j’ai peint en silence… » Comprendre, loin du monde. Sans relationnel, sinon la faune et la flore alentour. Mais la perspective d’une exposition l’a fait prendre en art un virage pris dans l’âme depuis déjà un moment. « Je devais peindre ce que je suis aujourd’hui. » Un homme heureux, semble-t-il, s’exprimant dans un registre, écho à sa période de vie… Il y a eu, plus tôt, d’autres formes et couleurs que celles présentes dans cette nouvelle série ; elle, est une ode à la joie d’être. Ailleurs, mais infiniment là, ancré. Sans tourments parce que résolument dans le présent. Dans la nature. « J’ai rejeté dans ces toiles toute forme d’intellect, pour mieux lâcher prise, sans pour autant tomber dans la mièvrerie. » Peindre le gai mais pas le naïf, sur la base de sujets très, trop communs que sont les fleurs et paysages. « Je suis à contre-courant de ce que l’on attend de l’art aujourd’hui. » À contre-courant des cases donc, et heureux de cet abandon. Jacki Maréchal s’émancipe de la chose narrative pour livrer sa vérité sans détour ni mystification. Une vérité qui s’impose, à lui comme au monde, parce que libre. « Je ne veux pas me mettre en porte-à-faux, j’y suis de fait… » Mais ce qui l’obligeait à l’époque ne l’oblige plus aujourd’hui. Preuve est faite, artistiquement. La valeur picturale est reconnue. La démarche est altruiste, désormais. Pleine d’une humanité offerte par la nature. Colorée de mille tons heureux et confiée à l’interprétation de chacun. « Je ne veux pas d’une peinture seulement figurative. Ce doit être un symbole. Il ne faut pas confondre le motif avec sa représentation… » Et quand le cœur s’y pose, ce sont mille mondes qui s’ouvrent.

marechal

En expo du 12 juin au 31 juillet, à la galerie En dehors du cadre (Un ailleurs sans tourments), à la Grande Vapeur (Ontologie urbaine), à la librairie Buffet (Possible fields), au Musée du peigne (Peinture + plastique) et à la Galerie de Valserhône (autres périodes).

www.jacki-marechal.com
Facebook