Les expositions proposées au Musée du peigne et de la plasturgie font du plastique le prétexte idéal et récurrent pour aborder 1000 thématiques autour de lui. « Chacune est choisie pour mettre en valeur notre fonds. » Soit quelque 16 000 pièces, présentées tantôt dans les espaces permanents du musée ou dans le cadre d’expos temporaires, autour de collections pas ou peu accessibles au public. « Simili permet un recentrage sur notre sujet de fond. » Et propose deux angles, imitation et strass, permettant respectivement de traiter l’origine du matériau, ses usages, et la défiance qu’il inspire aujourd’hui… Détails avec la directrice du musée et commissaire d’exposition Virginie Kollmann-Caillet.
Né pour imiter
Le plastique – celluloïd en fait – a vu le jour avec le concours lancé par une entreprise américaine pour trouver un substitut à l’ivoire, devenu trop rare et cher, dans la fabrication des boules de billard. C’est par elles, donc, et plus tard par toutes sortes d’objets que le plastique s’impose avec le temps comme alternative esthétique crédible aux matières naturelles telles que corne, écailles, nacre, pierre et bois, jusqu’au textile – dans le jargon duquel on connaît bien entendu le terme « simili » signifiant « faux cuir »… Loin d’être un support de copies médiocres, le plastique est un matériau noble, à même de prendre l’apparence, la texture même de mille autres matériaux avec une qualité telle que l’on s’y méprendrait. Quant à la forme, il n’est pas de limite… C’est en ce sens que le chimiste Léon Arbez-Carme a œuvré à la fin du XIXe siècle, ses travaux visant à prouver que le celluloïd pouvait tout à fait se substituer à d’autres matériaux à l’aide de patines et peintures venant créer l’illusion.
Homme et plastique, meilleurs ennemis
Le plastique a eu le mérite de permettre l’accès à des objets à une population n’ayant pas les moyens de les acquérir s’ils avaient été en matière naturelle… Celui aussi d’épargner quantité d’animaux, tués pour leurs précieux attributs. Les éléphants pour leurs défenses, entre autres. Une dimension éthique diluée par les trop nombreux scandales aujourd’hui, autour de la pollution et des dégâts sur la nature. « La faute à une offre démesurée et à la surconsommation dans notre société », pointe la commissaire, soucieuse de rendre au plastique l’image d’un matériau à haut potentiel, ne devant pas porter le poids de notre inconsistance face à la fragilité de la planète… Car malgré l’image d’une longévité millénaire, le plastique est au contraire en proie à une dégradation « rapide ». Cent ans environ, au terme desquels le camphre s’évapore et rompt la chaîne de polymères. Une fragilité dont le public n’a pas conscience et qui, pourtant, interroge sans cesse l’équipe du musée quant à l’avenir de ses collections.
Strass
Second angle de l’exposition, le strass est présenté tantôt sur des montures de lunettes ou ornements de coiffure issus du fonds du musée, tantôt sur des créations contemporaines. Le parcours de visite aborde tour à tour son origine, la méthode selon laquelle on le travaillait à l’époque – des démonstrations seront assurées lors d’événements particuliers par d’anciens ouvriers – et la façon dont on le valorise aujourd’hui encore, notamment comme accessoire de mode. Ce sont plus de 300 pièces en tout qui seront exposées dans les espaces de la salle Miklos, à partir de la Nuit des musées, et jusqu’en janvier. « Venez changer de regard sur le plastique ! » invite Virginie Kollmann-Caillet.
Simili
Du 17 mai au 31 janvier 2026 salle Miklos, au Musée du peigne et de la plasturgie d’Oyonnax
Ouvert du mardi au samedi et le 1er dimanche de chaque mois, de 14 h à 18 h
Visite commentée les 12 juin, 3 et 16 juillet, 20 novembre, 4 décembre, à 15 h
Entrée libre