L’équipe du Nantua Fest dévoilait en janvier l’intégralité des noms composant la prog’ de la 5e édition, les 22, 23 et 24 mai. Un mélange de têtes d’affiche et d’artistes émergeants, pour régaler le public et lui assurer de belles découvertes musicales. « C’est ce que l’on adore, et ce qui nous vaut la fidélité de nos festivaliers ! » Entretien avec Killian Minjollet, cofondateur du festival.
• Diriez-vous que, pour faire un festival, il vaut mieux être un festivalier soi-même pour avoir vécu l’expérience, ou un aventurier qui n’a peur ni de toucher à tout, ni de frapper aux portes ?
Je pencherais pour la case aventurier. Chaque année, on remet le tapis. On réfléchit pour créer des nouveautés dans un contexte où tout change très vite. Monter des événements comme ça, c’est de l’entrepreneuriat, et ça n’est pas la chose la plus facile en ce moment en France…
• La première édition du Nantua Fest a eu lieu en 2022. Qu’est-ce qui a motivé sa création ?
Tout est parti d’un pari, en rentrant d’un voyage humanitaire. J’ai proposé le projet à mes amis. L’un d’eux a été charmé par l’idée et m’a rejoint. En allant chez lui, j’ai découvert le lac de Nantua, la montagne tout autour… Je venais de Bourgogne, c’est un coin que je ne connaissais pas du tout. J’ai trouvé le potentiel incroyable. On a exposé l’idée au maire. Par chance, ça collait à son projet municipal. De là a découlé la suite !
• Le Oh ! Bugey festival était présent sur le territoire depuis 2016. L’idée était-elle d’apporter une offre complémentaire ?
Je ne connaissais même pas son existence ! Mais c’est super, parce que ça vient compléter l’offre. On ne fait pas du tout le même style d’artistes. Je raisonne en mutualisation plutôt qu’en concurrence, tant c’est compliqué pour tout le monde. Mais finalement c’est bien tombé : ça aurait été dommage d’être sur le même créneau…
• Sur quels critères sélectionnez-vous les artistes, et comment identifiez-vous les tendances ?
Toute l’année, on fait énormément de veille sur les projets qui sortent. On va voir des concerts, pour regarder les shows en live : il y a parfois un monde avec ce qui se passe sur les plates-formes… L’équipe d’organisation regarde aussi beaucoup et fait des retours en disant que tel ou tel artiste devrait bien marcher. On fait des listes avec nos projets favoris… On essaie de réfléchir à ce qui marche pour le plus grand nombre. Ce qui plaît, et nous permet de fidéliser, c’est que les gens viennent pour un artiste et en découvrent plein d’autres. C’est toute la difficulté de créer une ligne éclectique : toucher à tous les styles, en restant cohérents.
• Le modèle est toujours d’avoir une tête d’affiche et plusieurs autres artistes sur la soirée ?
On pourrait jouer la sécurité, ne mettre que des têtes d’affiche et organiser un tremplin en marge. Mais on voit que sur les gros festivals, la scène 100 % artistes émergents est un peu délaissée. À Nantua, on n’a qu’une seule scène. On met les projets auxquels on croit très fort juste avant les têtes d’affiche, pour les aider à notre manière. Et le public les découvre, parce qu’il vient en avance… Tous les ans, les festivaliers nous disent avoir découvert plein d’artistes, dont ils suivent après les projets. C’est quelque chose qu’on adore !
• Combien de temps avant l’événement faut-il booker les artistes ?
Le calendrier normal, c’est juin, pour l’année d’après. Beaucoup de têtes d’affiche, de plus en plus, sont intéressées pour venir chez nous. En 2024, c’est Dub Inc qui a demandé à venir jouer !
• Y en a-t-il pour lesquels vous bataillez ?
J’ai déjà des artistes pour 2027. Et il y en a deux ou trois sur lesquels je travaille depuis plusieurs années… Je pense qu’on va finir par les avoir. Ce sera un juste retour des choses pour le public de pouvoir accéder à des artistes comme ça. Et on ne changera pas nos prix pour autant. Pour les noms, il faudra patienter !
• Au-delà de la musique, il y a le décor. Pourquoi cet univers si singulier ?
Notre graphiste vient du monde des dessins animés. Il a bossé sur des productions comme Moi, moche et méchant. On lui a laissé carte blanche, en bossant petit à petit sur des thématiques, en lien avec la scénographie. Cette année on mise sur plus de réalisme, autour du monde aquatique.
• Vous voyez les choses en grand, avec la constitution autour de la scène de tout un village !
On est le plus grand des petits festivals, mais l’on entretient son côté familial. On accueille un peu plus de 15 500 personnes au total, avec environ 350 enfants de moins de 12 ans par jour. Pour 2026, on mise sur 21 à 24 000 personnes. On réfléchit à une implantation différente, mais il y a la montagne autour, donc on ne pourra pas pousser les murs plus que ça !
Nantua Fest
Vendredi 22, samedi 23 et dimanche 24 mai, au camping Le Signal de Nantua
• Vendredi : Tayc + Hypaton + Maureen + Danitsa
• Samedi : Josman + Danakil + Petit Biscuit + Laura Laffon + Juste Shani
• Dimanche : Keblack + The Avener + Meryl + Anaïs MVA + Urumi
Infos et résa : www.nantuafest.fr


