Posté le 21 mars 2022 par La Rédaction

Début janvier, la Commission européenne a décidé d’abaisser les seuils de 4 000 substances présentes dans les encres de tatouage à des niveaux drastiquement faibles. Résultat : 25 pigments sont aujourd’hui interdits de vente dans toute l’Union européenne. Deux mois ont suffi pour qu’une profession se retrouve plongée dans l’insécurité totale. Après avoir surpris la plupart des professionnels en décembre, la Commission européenne annonce l’interdiction d’achat de la quasi-majorité des encres en circulation. La raison ? Des scientifiques auraient conclu une dangerosité du contact régulier des substances avec la peau, malgré une méthode d’étude très décriée par le Syndicat national des artistes-tatoueurs. « On est tatoueurs, pas chimistes. En plus, on n’injecte qu’une seule fois le produit. Si j’avais su que mes encres étaient dangereuses, j’aurais arrêté. Je tatoue ma copine, ma famille » avoue Yoann de Wisdom Tattoo, tandis que David de Piqué au Vif se questionne « Il y a quand même plus toxique que les encres, non ? » « Il y a zéro alternative »

Les tatoueurs doivent donc utiliser des encres alternatives respectant les nouvelles normes, non encore disponibles. Les angoisses de nos deux tatoueurs oyonnaxiens divergent sur les futures encres. Lorsque Piqué au vif affirme avoir son fournisseur s’étant déjà positionné sur les encres de substitution, Wisdom Tattoo n’a pas cette chance : « On est dans un flou. Mes fournisseurs n’ont toujours rien annoncé. On ne connaîtra ni la viscosité des produits, ni leurs caractéristiques sur la peau. On peut avoir des problèmes aussi sur les teintes ». Dès lors, la validation par la Commission européenne des nouvelles encres entraînera une explosion des souhaits d’achat par tous les tatoueurs européens. Résultat : les prix risquent de grimper.