Les festivaliers sont nombreux au rendez-vous, chaque année depuis dix ans sous les arbres du parc René-Nicod. Les bénévoles œuvrant dans l’ombre, aussi… pour faire du Oh ! Bugey festival une belle expérience estivale.
Du festival, le public voit l’accueil par l’équipe, la prestation des artistes et l’ambiance en cœur de ville. Sans toujours prendre la mesure du travail mené en coulisses pour assurer le bon déroulement des concerts. « L’organisation d’un festival, c’est une multiplicité de rôles combinés, présente l’équipe. Et mille missions : avant, pendant, après le festival. » Des missions accomplies par une bande de passionnés en marge de leur activité dans la culture, le commerce, l’industrie… « Car nous sommes un festival 100 % bénévole !«

Booker, recevoir & enchanter
À peine les artistes ont-ils plié bagage que Laurent et Anthony, coprésidents de Oh ! Bugey festival, multiplient les coups de fil aux prod’ pour composer leur wishlist. « Ils sont en lien avec les tourneurs qui savent leur dire, un an à l’avance, qui sera disponible à ces dates. » Des artistes souvent sollicités très tôt en prévision des rendez-vous estivaux. « On essaie de booker les têtes d’affiche en premier. » Et d’assortir avec des émergents : « Ceux en qui l’on croit » et qui, en peu de temps, deviennent « des grands ». « Pour ça, ils ont le nez fin ! » Pour cibler aussi des artistes généreux et accessibles, enclins à partager avec le public : « Un côté familial qui nous tient à cœur… » En parallèle du binôme à la composition de la prog’, l’équipe s’emploie à trouver des partenaires qui, tantôt financièrement ou matériellement, apportent – en échange de visibilité – leur soutien au festival. « Il a fallu que l’on se fasse connaître au début mais, aujourd’hui, la plupart se réengagent sans même avoir connaissance des artistes de l’édition. » Preuve d’une confiance bien installée auprès des acteurs de territoire – et au-delà dans la sphère artistique, le festival ayant acquis ses lettres de noblesse avec des artistes et productions témoignant pour l’avoir éprouvée de la qualité de l’organisation. En matière de com’, les référents dévoilent le nom des artistes à mesure que tombent les confirmations : « Plus ou moins en novembre. » En ligne donc, avec pour chaque une publication dédiée, par le biais d’affiches et flyers, distribués au gré des déplacements de l’équipe, dans la presse aussi, pour porter à la connaissance de tous le programme de la saison et maximiser ses chances d’avoir ses billets pour l’été. « Jamais les soirées n’ont été complètes si vite que cette année ! » se félicite-t-on dans les rangs. À mesure que les accords sont scellés, l’équipe technique reçoit des fiches recensant les besoins et préconisations de chaque artiste. S’ensuivent des échanges avec le régisseur des compagnies ; pour des scènes prêtes à jouer le jour J. Avant le bouillonnement du festival, on emplit les stocks du snack et de la buvette pour que ni les verres ni les estomacs ne soient vides au moment des concerts. Une cinquantaine de petites mains, une centaine du coup, s’active ainsi pour servir bières (avec modération toujours) et sandwichs. Quelques jours avant les concert, en début de semaine, on procède à la mise en place du site, prenant soin de fermer le parc et définir les zones. Pour un meilleur repérage, et davantage de sécurité. Sécurité assurée par une équipe dédiée : un encadrant, une dizaine de vigiles bénévoles et un renfort de professionnels aux horaires et postes-clés. À leur arrivée, les artistes sont récupérés à l’aéroport ou la gare et conduits jusque sur site, avant d’être pris en charge à leur arrivée et dirigés, si le temps (celui des montres comme celui du ciel) le permet, vers les joyaux naturels du Haut-Bugey. Ils sont installés dans des loges aménagées avec soin à coups de canapé, plantes et belle déco. « On tâche de les surprendre avec des produits du terroir ! » Les barrières ouvrent une heure avant le début des concerts. Et si le public est impatient, il est assuré d’avoir toujours la scène bien en vue. « Le parc est à taille humaine et en forme d’amphithéâtre : d’où que l’on soit, on ne perd rien du spectacle. » Les spectateurs classés VIP encore moins, depuis l’espace dédié où chacun, en plus d’une vue d’ensemble, profite d’un repas… aux petits oignons. Avec une moyenne de trois artistes par soirée, l’équipe logistique doit assurer une transition rapide mais soignée des décors. Un temps, « 20 à 30 minutes« , que le public met à profit en se rendant au Photobooth, entre autres plaisirs de festival. Le ballet des bénévoles est une mécanique bien rodée qui permet au public de n’y voir que plaisir, sourires et bonne musique. Lorsque, le dimanche, la pelouse s’est vidée et les enceintes se sont tues, des volontaires prennent le relais et assurent le démontage, rendant aux animaux du parc leur écrin silencieux… et à l’équipe une dernière occasion de se réunir, avant de plancher sur l’édition suivante. « La pression retombe ! C’est beaucoup de stress. » Mais le plaisir et la fierté de l’avoir fait, l’emportent chaque année. L’emportent mille fois. « On aime ça.«
