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Oh ! Bugey festival : l’aventure humaine avant tout le reste

credit emmanuel perret copie

C’est une joyeuse troupe qui est réunie ce soir-là autour de la table, dans les locaux de l’AEPV, pour une énième réunion de préparation du festival. Une quinzaine, le noyau dur, se partageant la gestion des commissions pour l’organisation XXL de l’événement. « Organisation 100 % bénévole » veut relever son coprésident Laurent Righetti, fier de pouvoir compter sur une équipe soudée pour donner corps à ce qui est devenu l’un des plus gros rendez-vous musicaux de l’été dans la région. Oh ! Bugey festival prend depuis 2016 ses quartiers à Oyonnax, en plein coeur de ville dans le parc René-Nicod. Son fief, auquel afflue désormais un public de fidèles. « Mais les deux premières éditions du festival ont eu lieu à Échallon », rappelle Niki parmi les artisans de la première heure. Aussi le festival est-il né sous l’impulsion de la communauté de communes avec l’association Des Amplis sur la prairie qui, les 7 et 8 juillet 2012, organisaient main dans la main la première édition, suivie d’une seconde, d’Oh ! Bugey festival à Échallon. « Avant que l’on ne décide de repartir de zéro, à Oyonnax, avec une équipe de bénévoles ultramotivés. » La première édition a eu lieu en 2016 à Oyonnax et poursuit depuis son ascension dans la qualité de la programmation comme dans sa fréquentation par un public familial, toujours reconnaissant du travail opéré en coulisses pour le régaler le jour J. Ou plutôt « les », le festival passant avec les années d’une à trois soirées de concert.

Fait-maison

« Ce côté festival bénévole, au début, ça peut faire peur. » Mais une fois qu’ils sont là, les artistes voient combien l’équipe donne pour faire de leur passage en terre haut-bugiste une expérience mémorable… « Ils ont souvent l’habitude d’événements énormes, où tout est automatisé. Nous, on se distingue avec une approche beaucoup plus humaine et conviviale. » En mettant du coeur à ce que tout se passe bien, pour eux comme pour le public. « L’organisation de gros événements est souvent l’affaire de pros, dont c’est le quotidien, témoignent les membres du bureau. Nous, on fait ça en complément de notre métier qui n’a la plupart du temps aucun lien avec le monde du spectacle… C’est quelque chose de tout à fait exceptionnel. Un rendez-vous pour lequel on s’investit à fond ! » Une énergie déployée bien en amont du festival avec la définition de la prog’ et la confirmation de la venue des artistes, toute l’organisation liée à leur déplacement et leur accueil dans les meilleures conditions – la mission de Steph et Coco -, l’installation d’une scène de quelque 315 m2 au coeur d’un espace public – celle de Néné -, la sécurité – celle de Géraldine -, la buvette … Chacun dans l’équipe est bien au fait des responsabilités qui lui incombent. « Mais malgré l’expérience, on ne sait jamais comment ça va se passer. C’est du pur live. » Avec toujours une priorité, celle de satisfaire aux demandes des stars, quelles qu’elles soient. Et de composer avec leurs envies soudaines. Celle d’Hoshi de manger kebab à 14 h. Celle de Zazie ou Christophe Willem de s’en aller piquer une tête au lac Genin. Celle encore de Cats on Trees d’acheter des fripes en braderie… « C’est source de stress. » Mais terreau des meilleurs souvenirs ! L’équipe d’en avoir mille en tête, notamment lorsque, passé le concert, les artistes prennent le temps de partager avec eux : Julien Granel faisant le tour des stands pour dire bonjour aux bénévoles, Jérémy Frérot aidant à faire les crêpes, Thiéfaine restant manger le gâteau le soir de son anniversaire… « C’est notre meilleure récompense. »

Grande famille

Une famille d’artistes, parmi lesquels certains sont déjà revenus ; de bénévoles bien sûr, quelque 150 en tout ; de festivaliers, toujours plus nombreux… « De partenaires aussi, relèvent Laurent et Anthony à la manœuvre. Sans eux, le festival n’existerait pas. » C’est à eux, d’ailleurs, ainsi qu’aux 50 premiers à prendre leurs billets, que l’équipe d’Oh ! Bugey festival réserve la primeur du spectacle avec, le jeudi au centre culturel Aragon, une soirée privative, assurée cette année par Les Frangines. Si elle prétend – et parvient à – avoir de belles têtes d’affiche, l’équipe sait devoir beaucoup à tous ceux qui la suivent. La Ville, l’Agglo, le Département et la Région en tête et de nombreux privés, entreprises comme particuliers, qui, par leur soutien financier, matériel ou humain, participent à la réussite de l’événement. « On est 100 % bénévoles, mais 200 % débrouille ! Le budget est investi pour le cachet des artistes. Pour le reste, on compte les uns sur les autres. » Un pari de la solidarité qui fonctionne, chacun faisant à la mesure de ses moyens pour garantir à tous une qualité d’accueil optimale. « Il n’est pas trop tard pour nous rejoindre, invite Corinne en responsable des partenaires. Et il n’y a pas de petits donneurs ! Lorsque l’on met tout bout à bout, on arrive à de gros montants. » Des montants qui, charges déduites, donnent un solde positif. « Le budget est équilibré, se félicite l’équipe. Pour un festival, bénévole qui plus est, c’est assez rare pour être souligné. » Une bonne gestion donc, que l’organisation mêle à une ambiance bon enfant. « On veut que le public vienne, qu’il se sente bien. » En communion avec l’artiste sur scène, en sécurité grâce à l’action discrète mais efficace d’une équipe de pros, à l’aise avec les bénévoles comme avec une bande de potes. Un esprit dont Oh ! Bugey a fait sa marque de fabrique. « Quand on voit la foule courir et venir s’asseoir dès qu’on ouvre les barrières, quand on entend le public dire en fin de concert que c’était fantastique, quand on voit nos bénévoles revenir le dimanche, malgré la fatigue… » Alors on peut dire, sans risquer de se tromper, que c’est une pleine réussite.

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