Ça ne fait pas deux mois qu’elle est en poste mais, déjà, les idées se bousculent pour faire du centre un point fort de l’activité commerciale à Oyonnax. Rencontre avec Laurence Lopes, nouvelle manager de centre-ville.
Quels ont été, selon vous, les atouts de votre candidature au poste ?
Je suis Oyonnaxienne et fière de l’être, j’aime ma ville et le centre, et je connais les commerçants pour avoir été moi-même responsable de la boutique Camaïeu, de 2007 à 2012… À l’époque, je mesurais déjà le potentiel de la ville, aujourd’hui plus encore. Je pense que mon embauche tient à mon discours et à mes convictions : le bassin a été précurseur dans l’industrie plastique ; je crois que l’on peut l’être aussi pour le commerce et compte pour ce faire sur la créativité des Oyonnaxiens.
Quelle est votre vision du commerce en général, et du commerce à Oyonnax en particulier ?
C’est un gâteau à se partager ! Quand on est commerçant, il faut savoir provoquer l’envie, répondre à un besoin, être disponible, souriant, et veiller à faire d’une visite en boutique une expérience agréable pour son client. On oppose souvent le commerce en ville à celui en périphérie. Je ne vois pas de concurrence, plutôt une somme d’opportunités. Ça vaut également pour les professions de service décriées dans les rues du centre… Mais celui qui se rend à la banque ou chez son ophtalmo peut, au même titre qu’un autre, faire un tour avant ou après son rendez-vous. Le trafic est généré de la même façon, l’enjeu étant de donner envie d’entrer. On a tous intérêt à travailler ensemble. Dans mon idéal toutefois, le centre-ville compterait davantage d’enseignes pour hommes, en maroquinerie, chaussures… sur un créneau de moyenne gamme, à même d’attirer une clientèle de tous âges…
Quelle place le digital tient-il dans le commerce de proximité aujourd’hui ?
Ma conviction est que l’on ne peut plus vivre avec un magasin physique uniquement. Il faut une présence sur les réseaux sociaux et une vitrine en ligne a minima, qui permette d’acheter en click & collect et de drainer une clientèle qui ne serait jamais venue autrement. Je vois à nouveau l’outil numérique comme l’opportunité d’avoir en boutique des personnes qui, sur place, sont bien accueillies, dûment conseillées et passent un bon moment et qui, fortes de leur expérience, feront la démarche de venir directement la fois d’après. Internet a un côté pratique, certes, mais l’on tend à revenir aux basiques. Le besoin d’être face à face avec son commerçant, d’échanger, de toucher, voir en vrai, essayer… On est à une période charnière ; le commerce de proximité a tout à y gagner.
Comment s’organise votre mission ? Vous a-t-on donné des axes de travail ?
J’ai, bien sûr, échangé avec le maire, Michel Perraud, quant à ses attentes… J’y ai confronté mes idées. Tout va dans le même sens. J’interviens désormais selon les priorités que j’ai fixées. Soit, d’abord, faire le lien entre gens de terrain et administration, mon rôle étant d’écouter les problématiques avec bienveillance et d’oeuvrer à leur résolution. Les commerçants me confient leurs interrogations ; à moi de leur apporter des réponses. Ensuite, communiquer, et surtout impliquer les commerçants dans les décisions prises en matière d’attractivité. Eux sont sur place et en capacité de dire ce qui fonctionne ou moins. Enfin, recenser les locaux vacants et établir une stratégie pour y installer de nouvelles enseignes, en tâchant de varier l’offre. Il faut chercher les porteurs de projet, que j’invite à se présenter en mairie, et valoriser les savoir-faire.
À quoi ressemblent vos débuts sur le terrain ?
Tout le monde, à la mairie comme parmi les commerçants, m’a réservé un excellent accueil. Je suis ouverte, sans filtre, à l’écoute, et j’aime profondément les gens. Je tâche de faire de mon expérience un atout pour conseiller les commerçants ; j’ai cet « oeil client » qu’eux n’ont plus forcément, pour revoir l’attractivité de leur enseigne et faciliter la lecture de leur offre en boutique. J’entends travailler main dans la main avec l’élu délégué au commerce, Freddy Nivel, le Pôle du commerce du Haut-Bugey, l’association des commerçants du quartier Nord, et plus largement avec tous les commerçants oyonnaxiens, dans un souci d’unité et de développement plus important encore. Je sais la municipalité et son maire disposés à suivre et soutenir tout projet d’animation qui profite aux professionnels et à la clientèle ; tout comme je sais pouvoir compter sur l’envie des commerçants. Ce sont eux les acteurs majeurs de l’attractivité et c’est ensemble que l’on parviendra à renverser la vapeur.
