Posté le 15 juin 2026 par La Rédaction

L’entrée est confidentielle. Un chemin de terre, menant à un terrain empli de maisonnettes où volent et travaillent dur des millions d’abeilles. Une communauté rayée dont se sont épris Alain et Marie-Jo, devenus fins connaisseurs et apiculteurs avertis. Visite à leurs côtés du Rucher du Haut-Bugey

Eux, ne sont pas tombés dans le pot de miel quand ils étaient petits. La rencontre avec les abeilles n’a pas été évidente pour Marie-Jo. « J’avais peur, au début. Mon fils m’a donné une ruchette. Je l’ai mise sur ma terrasse et un essaim est venu. Je me suis équipée en matériel et formée : je n’y connaissais rien ! » Alain, quant à lui, a vu son beau-père se passionner pour les essaims d’abeilles. « Les récupérer et les mettre dans la ruche, ça le rendait heureux. » Alain a récupéré son matériel en promettant qu’un jour il servira. Il a servi, et encore aujourd’hui !

Douces et travailleuses

« On travaille la buckfast. » Une espèce – fruit de croisements opérés pour éviter les maladies – donnant des abeilles douces et travailleuses. Les reines sont achetées à l’étranger. « Des reines F0, autrement dit qui ont été fécondées mais ne se sont pas encore reproduites. » C’est à Béard, que ces demoiselles grandissent. « On fait de l’élevage, ici. » Dans un cadre privilégié et avec tout le matériel consacré. Soit des Apidea, ou ruchettes de fécondation, et ruches en bonne et due forme. « On prélève les larves sur la ponte des reines pour créer les colonies : F1. » Promises donc à une vie sur les chapeaux de roue… « L’enjeu est de faire de bonnes récoltes malgré l’usage de pesticides et un climat qui change. Ceci dit, on a la chance de ne pas avoir de cultures intensives dans le Haut-Bugey. » La météo en revanche, est source de difficulté pour les apiculteurs. « Là où la haute saison s’étend normalement de mai à mi-août, la pluie et la canicule nous laissent à peine un mois et demi pour récolter. » Une bonne raison pour être aux petits soins… À leurs opérations quotidiennes s’ajoutent des expérimentations régulières, visant à améliorer sa pratique et optimiser le bien-être des abeilles. Avec notamment le recours à des ruches « basse consommation ». Mieux isolées, impliquant donc de gaspiller moins de ressources. « On part de la méthode ancestrale et l’on fait des essais. Mais la tendance, observent Alain et Marie-Jo, est tout de même de revenir aux fondamentaux.« 

Sensibiliser le grand public

« Grâce aux abeilles, je redécouvre la nature et ce qui nous relie à elle, décrit Marie-Jo. Tout le monde devrait s’y intéresser. » Heureuse de constater saison après saison des fruits et légumes qui poussent mieux, de nouer aussi un vrai lien avec elles, l’ancienne infirmière choie ses abeilles comme autant de trésors à préserver pour l’avenir. C’est tout le sens de l’action du Rucher en complément de la mission de conseil et montée en compétences auprès de ses stagiaires… « Nous intervenons en écoles pour expliquer aux enfants l’enjeu écologique. » Ils partagent aussi chacune de leurs activités en ligne avec le souci de rendre l’apiculture compréhensible pour le grand public. Sinon au moins de faire connaître les abeilles et s’en soucier. « Les anciens n’étaient pas dans cette démarche. Quand on avait le savoir, on le taisait. Un peu comme les coins à champignons. Notre volonté aujourd’hui, c’est partager. C’est transmettre. » Et se régaler de l’intérêt des plus jeunes. « Ils sont à fond et n’ont pas peur ! » observent avec fierté les grands-parents Alain et Marie-Jo. Et c’est tant mieux, car ce sont eux, les gardiens de demain.

Rucher du Haut-Bugey
Route de Champ Biolay, à Béard-Géovreissiat
www.rucherhautbugey.fr

« Chaque année, le Rucher-école du Haut-Bugey propose des cours d’initiation à l’apiculture pour débutants, avec des cours théoriques de janvier à mars ; et cours pratiques dès les beaux jours. Renseignez-vous !«