L’esplanade de la Grande Vapeur prend des airs de Montmartre le temps d’une soirée d’été. Après son annulation l’an dernier en raison d’une météo défavorable, la galerie d’art éphémère en plein air fait son grand retour le vendredi 13 juin, marquant le premier grand rendez-vous festif de la programmation d’été de la ville d’Oyonnax.
Une quarantaine d’artistes et de créateurs présenteront leurs œuvres aux curieux, passionnés d’art ou amateurs d’artisanat local. Déambulez dans le marché des créateurs, où de nombreux artisans locaux vous proposeront bijoux, peintures, dessins ou sculptures. Le Carré d’Art, partenaire de l’événement, sera également présent pour vous faire découvrir douze artistes. Une séance de dédicace sera organisée avec les écrivains Philippe Debise et Pierre Dupont Travel.
À l’occasion de cette parenthèse créative, poussez les portes de la Grande Vapeur, lieu emblématique de l’histoire d’Oyonnax, pour découvrir l’exposition des œuvres de Jacki Maréchal, proposée par le Centre Culturel Aragon. Les Amis du Musée auront à cœur de partager avec vous leurs anecdotes pour tout savoir du passé industriel du bâtiment et de ses nombreuses cabines.
Une nouveauté !
En partenariat avec la société de transport Keolis et l’Office de Tourisme du Haut-Bugey, embarquez gratuitement à bord d’un minibus entre 18h30 et 21h pour un circuit commenté autour des fresques qui ornent les murs de la ville.
À votre retour, prolongez la soirée en partageant un moment convivial en famille ou entre amis, avec l’animation musicale du DJ Discovery Event et un espace de restauration assuré par l’USO Twirling.
De 18 h à 23 h Esplanade de la Grande Vapeur, Oyonnax
Pas de modification de circulation
Tous les parkings restent accessibles
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Posté le 19 mars 2025 par La Rédaction
Il aurait pu l’appeler « salle des pas perdus », en clin d’oeil à ses oeuvres – reprenant chacune le modèle de pieds entremêlés – attendant d’avoir leur propre symbolique… Mais c’est « Atel’ièps » que l’artiste a choisi, et peint sur la porte en lettres d’écolier, pour désigner son espace de création.
Mickaël Clebert est devenu artiste après une blessure maligne à la cheville. Un coup d’arrêt au skate – dont il entendait faire l’objet de sa carrière – mis à profit par le trentenaire pour explorer une nouvelle discipline, sinon sportive alors artistique, et par elle acter un rebond magnifique. « Continuer à marcher. » Tel est le crédo de Mickaël qui, le temps de sa convalescence, sa quête aussi d’un autre chemin vers soi, trouve dans ses carnets de croquis une force créatrice et les bases d’un nouvel univers. Il y a eu les fleurs d’abord, de celles qui font éclore un homme ; et rapidement le pied, mêlé à 16 milliards d’autres, sur ses toiles et sur Terre. L’artiste le sait, il tient son motif. Son identité. Le pied, celui qui l’a fragilisé à l’époque et le porte aujourd’hui. Du corps, Mickaël ne retient que les pieds, qu’il trace très géométriques, comme pour illustrer la rudesse du monde, adoucie pourtant par le lien qui les unit dans un ensemble esthétique, presque hypnotique. Un résultat que l’artiste lui-même peine à soupçonner avant de revenir à lui après un état méditatif où l’intuition prend… le pas sur la réflexion. « Le moment de création doit être dûment installé, pour permettre à l’âme de monter en vibrations. » Car c’est à un voyage que convie l’artiste dans chacun de ses tableaux. Voyage dans l’imaginaire de celui qui regarde et interprète. Si la toile est un cadeau, elle n’a jamais le même sens pour celui qui l’offre et celui qui la reçoit. C’est dans cette rencontre exactement, que réside la beauté des toiles de Mickaël.
Grande famille
La communauté dont la vie l’a sorti – celle de skateurs passionnés – Mickaël la retrouve par la peinture avec des artistes au même allant que lui transcendés par la création et l’expression dans leurs travaux de ce qu’ils recèlent au fond. « Peindre, c’est être connecté avec soi. » Par la planche ou par le pinceau, il fait aller, laissant à la matière la responsabilité de l’oeuvre finale, de la figure, fut-elle dans les airs ou sur sa toile. Il y a dans le sport et dans l’art la combinaison de la technique et de l’esthétique. La quête d’un équilibre entre exigence et élégance. La coexistence du complexe et du minimaliste. Sa maîtrise, Mickaël la doit à la pratique uniquement. À la confrontation de son travail à celui d’autres. « J’ai besoin d’être bouleversé. » Pas de comprendre. C’est affaire de coeur avant tout. Un coeur d’enfant. Et s’il est un souhait cher à celui de l’artiste, c’est d’unir les mondes dans un même espace. Soit les skateurs et les habitants des villes, en faisant du mobilier urbain des supports de création voués à être survolés, arrondis et patinés. Les petits, moyens et grands du monde, tels qu’illustrés dans sa Pyramide sociale. Les acteurs de la communauté artistique aussi – si éloignés soient-ils par la nature de leur pratique – dans son projet rêvé d’atelier commun, Fondation même, où chacun serait libre de donner à son talent l’existence qu’il mérite. Mais comme il faut du temps pour laisser à chaque oeuvre la chance d’exister, d’arriver à pleine maturité, Mickaël sait devoir attendre encore pour parvenir au sommet. De son art et de ses ambitions.
C’est un atelier d’artiste, comme ceux que l’on imagine. Avec des toiles, partout. Les terminées au mur et celles en cours par terre, sur des bouts de carton. Les pots et pinceaux sont posés sur une table, dans un coin de la pièce. Éparpillés quand vient le temps de la création. Il y a les coulures, les gouttes aussi, sur la nappe et sur le parquet. Les marqueurs de l’art sont là et dès l’entrée l’identité de l’artiste. C’est Geneviève Girod qui a élu – non domicile, quoique, mais – atelier ici. Ses toiles sont un appel à vivre et observer. Fouiller dans l’image ce que l’on n’a pas décelé l’instant d’avant. Revenir et réfléchir, sinon se laisser porter. L’artiste a pris le temps d’observer. D’analyser… Car c’est au cœur du tableau, dans la nature, à son service même, qu’elle a œuvré plus de 30 ans. Et encore aujourd’hui. Geneviève est écologiste de formation et son travail, toujours, a consisté à combiner le sauvage et le domestiqué. À réunir la nature et le jardin dans un ensemble esthétique, comme elle combine aujourd’hui le geste libre et la quête d’un rendu maîtrisé dans ses travaux. Un transfert, opéré dans la continuité : « J’ai eu besoin de travailler la matière, les formes et couleurs. » Être dehors, par la fenêtre qu’elle ouvre en art. « La nature, c’est de l’imaginaire.«
Somme de choix
Sa palette change à chaque saison : très colorée l’été, plus douce l’hiver. Mais il est une tonalité dont elle ne se départit jamais : celle orangée, jaune, éclatante et solaire, qu’elle insère, en fond comme en surface, dans chacune de ses œuvres. Par couches successives, elle apporte la lumière, essentielle, et la profondeur. Pinceau, brosse, outils divers aussi, détournés de leur usage en bâtiment pour poser les bases d’un monde imaginaire : Geneviève n’impose aucune limite, fut-elle matérielle ou technique, à son art. Un travail à l’instinct, libre, chaotique. « Une phase de jeu« , où l’artiste compose en parallèle toutes les toiles d’une même série. Sa règle ? « Ne jamais rester trop longtemps sur un même tableau. » Pour garder la fraîcheur et l’envie d’expérimenter. « Le plaisir, surtout ! » Par un jeu d’alternance, tantôt d’épaisseur ou de couleur, Geneviève crée la texture à laquelle, plus tard, elle adjoint un motif. « C’est un choix entre plusieurs voies possibles. » Un parti, pris sur la base d’essais plus ou moins fructueux. « La difficulté étant de savoir à quel moment s’arrêter… » Pas trop tôt, pour laisser à la toile le temps de vivre avec son spectateur. Et pas trop tard, pour ne pas l’y perdre. « Mais même si l’on rate ce moment, on peut refaire. C’est tout l’avantage de ce travail en couches : il n’y a aucun risque. » C’est aussi toute la symbolique du travail de l’artiste. Une allégorie de la vie, où l’on fait, parfois sans réfléchir et parfois en ayant dû. Où l’on bride puis libère. Où l’on tente, tombe puis se relève. « C’est l’histoire de ma vie. » Sa philosophie, sa démarche en tant qu’artiste aussi. L’apprentissage par l’expérience, jusqu’à trouver son essence. « Mais finalement, ce n’est pas ce qui compte, quand une personne regarde un tableau… Peu importe ce qu’il y a derrière, chacun sa réalité et sa façon de recevoir l’art dans ce qu’il représente pour lui. Vous direz crevasse dans la neige quand je dirai rivière vue du ciel. Ma récompense n’est pas dans l’interprétation que l’on fait de mes toiles, mais dans le plaisir que l’on prend à les contempler.«
Geneviève Girod En exposition permanente dans la galerie En dehors du cadre (3, rue Pierre-Brunet à Oyonnax) En mai à H2M (5, rue Teynière à Bourg) www.genevievegirodart.com Facebook et Instagram
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Posté le 19 mars 2025 par La Rédaction
Sur le parquet poussent les fleurs de son jardin, ou presque. L’artiste a sorti de l’atelier la cinquantaine de toiles qu’il a peintes… Un monde en mille couleurs, Ailleurs sans tourments, paradis doux, sauvage et silencieux dont il fait depuis quelque temps, et chaque année du printemps à l’automne, son bastion de nature. Jacki Maréchal livre dans cette dernière série, l’enfin tranquillité de sa nouvelle vie. Et avec elle, la découverte d’une ruralité sobre et belle. « Des années, j’ai cherché un lieu de repos… » Jusqu’à trouver l’écrin qui désormais l’apaise et le nourrit. La campagne. Si le métier fait le feu, il fait aussi la contrainte. « Quoique sans elle, on ne vit pas ! » Il a fallu créer, bien sûr, surtout dire et montrer. « C’est une exigence inhérente aux artistes » : savoir-faire, et faire savoir. Jacki Maréchal a voyagé, beaucoup, partout, longtemps, pour accompagner ses travaux. Une routine excitante et galvanisante, de laquelle il s’est affranchi lorsqu’il a tout plaqué. « Le propos change, quand vous sortez du monde de la culture. » Les tracas sont ceux du quotidien. Pour aujourd’hui, pas demain. C’est concret, palpable et immédiat. « On se pose d’autres questions. » Les siennes ont été de faire et refaire le jardin, au gré des visites des taupes, blaireaux et sangliers sur son terrain. Déjeuner avec les oiseaux, et reconnaître tel et tel à son allure ou son chant. Installer sa chaise dans le lit de rivière en contrebas. Une vie dehors renouant avec la quête du peintre plus jeune. Notamment cette retraite dans un monastère bouddhiste, donnant au silence sa superbe et à l’homme une pleine sérénité. Aujourd’hui résident impermanent, Jacki loue la simplicité, « celle noble, qui prend les choses telles quelles, sans les compliquer », de la campagne et des gens qui l’habitent. « Tout ici prend un sens fort. » La peinture, d’autant plus.
Au jardin
Car même retiré, l’artiste reste artiste. « Les premières années, j’ai peint en silence… » Comprendre, loin du monde. Sans relationnel, sinon la faune et la flore alentour. Mais la perspective d’une exposition l’a fait prendre en art un virage pris dans l’âme depuis déjà un moment. « Je devais peindre ce que je suis aujourd’hui. » Un homme heureux, semble-t-il, s’exprimant dans un registre, écho à sa période de vie… Il y a eu, plus tôt, d’autres formes et couleurs que celles présentes dans cette nouvelle série ; elle, est une ode à la joie d’être. Ailleurs, mais infiniment là, ancré. Sans tourments parce que résolument dans le présent. Dans la nature. « J’ai rejeté dans ces toiles toute forme d’intellect, pour mieux lâcher prise, sans pour autant tomber dans la mièvrerie. » Peindre le gai mais pas le naïf, sur la base de sujets très, trop communs que sont les fleurs et paysages. « Je suis à contre-courant de ce que l’on attend de l’art aujourd’hui. » À contre-courant des cases donc, et heureux de cet abandon. Jacki Maréchal s’émancipe de la chose narrative pour livrer sa vérité sans détour ni mystification. Une vérité qui s’impose, à lui comme au monde, parce que libre. « Je ne veux pas me mettre en porte-à-faux, j’y suis de fait… » Mais ce qui l’obligeait à l’époque ne l’oblige plus aujourd’hui. Preuve est faite, artistiquement. La valeur picturale est reconnue. La démarche est altruiste, désormais. Pleine d’une humanité offerte par la nature. Colorée de mille tons heureux et confiée à l’interprétation de chacun. « Je ne veux pas d’une peinture seulement figurative. Ce doit être un symbole. Il ne faut pas confondre le motif avec sa représentation… » Et quand le cœur s’y pose, ce sont mille mondes qui s’ouvrent.
En expo du 12 juin au 31 juillet, à la galerie En dehors du cadre (Un ailleurs sans tourments), à la Grande Vapeur (Ontologie urbaine), à la librairie Buffet (Possible fields), au Musée du peigne (Peinture + plastique) et à la Galerie de Valserhône (autres périodes).