Après une quatrième place et une demi-finale de Pro D2, Oyonnax rugby aborde un nouvel exercice avec des certitudes, mais aussi des défis. Entre progression sportive, ambition maîtrisée et nécessité de fédérer tout un territoire, le président Dougal Bendjaballah fixe le cap avant le retour à la compétition.
Quel regard portez-vous sur la saison écoulée ?
L’objectif principal était de redonner de la fierté au club après un exercice compliqué. Sur ce point, le contrat est rempli. L’équipe a retrouvé une identité, de la cohésion et une véritable solidarité, aussi bien sur le terrain qu’en dehors. Le travail du staff, très complémentaire, et le leadership de Phoenix Battye ont permis de reconstruire un groupe capable de traverser les moments difficiles sans exploser. Cette quatrième place valide le travail accompli et constitue une base solide pour la suite.
Cette saison est-elle avant tout une source d’optimisme ?
Oui, parce que la progression a été constante. La fin de saison a montré un groupe qui prenait du plaisir à jouer ensemble. On repart avec des fondations solides et un collectif qui se connaît beaucoup mieux. Les joueurs adhèrent au projet et cela se ressent dans leur état d’esprit. C’est certainement le meilleur point de départ pour construire la prochaine saison.
Quels seront les principaux axes de progression ?
Nous avons terminé avec la deuxième attaque du championnat, mais la défense reste le véritable indicateur de la performance. Les meilleures équipes bâtissent leurs succès sur leur solidité défensive et leur capacité à récupérer des ballons. Nous avons progressé, mais nous devons encore monter d’un cran dans ce secteur. La discipline devra également continuer à s’améliorer car, en Pro D2, chaque détail finit par peser lourd dans le classement.
Qu’est-ce qui a manqué pour franchir un cap cette saison ?
La régularité à l’extérieur. Une bonne équipe gagne chez elle. Une grande équipe sait aussi aller s’imposer chez ses concurrents directs. Nous avons laissé filer plusieurs rencontres que nous avions en main, notamment à Colomiers ou à Valence-Romans. Ces points perdus très tôt dans la saison nous ont obligés à courir après le classement jusqu’au bout, avec une énorme dépense d’énergie physique et mentale. C’est probablement ce qui nous a coûté un peu de fraîcheur lors de la demi-finale.
La demi-finale perdue à Vannes laisse-t-elle des regrets ?
Elle laisse surtout des enseignements. Nous avons vu que nous n’étions pas très loin sportivement. En revanche, nous avons aussi mesuré ce qui sépare encore les deux clubs sur le plan de l’environnement. À Vannes, toute une ville et toute une région vivent derrière leur équipe. C’est cette dynamique collective qui doit nous inspirer. Pour grandir, un club ne peut pas avancer uniquement grâce à ses résultats sportifs.
Quels seront les objectifs pour cette nouvelle saison ?
Notre objectif est simple : faire mieux que l’année dernière. Cela passe par un meilleur départ, davantage de constance et une équipe capable d’imposer son rythme dès les premiers blocs de championnat. Nous devons devenir une formation que nos adversaires redoutent dès les premières journées. En revanche, il faut rester lucides. L’ambition sportive ne doit pas être déconnectée de la réalité économique. Aujourd’hui, Oyonnax n’a pas les moyens financiers d’un club construit pour le Top 14. Si un jour nous voulons franchir ce cap durablement, il faudra que tout le territoire avance dans la même direction.
Justement, le défi est-il désormais autant économique que sportif ?
Clairement. Un club peut survivre grâce à une personne, mais il ne peut pas progresser durablement ainsi. Nous devons remobiliser les partenaires, retrouver davantage de public et recréer un véritable engouement autour d’Oyonnax rugby. Voir un barrage à domicile disputé devant seulement 6 000 spectateurs doit tous nous interpeller. Le club doit retrouver cette ferveur qui lui permettra de franchir une nouvelle étape. Les prochains mois seront donc aussi importants dans les bureaux que sur le terrain. Nous allons aller chercher nos partenaires, nos supporters et toutes les collectivités pour construire un projet commun.
Quel message souhaitez-vous adresser ?
Je veux que cette équipe continue à progresser avec humilité, mais aussi avec ambition. Nous avons retrouvé un socle, un état d’esprit et une identité. À nous maintenant de confirmer. Si nous franchissons un cap dans notre régularité et que tout l’environnement pousse dans le même sens, Oyonnax rugby peut encore écrire une très belle saison dès la reprise de la Pro D2.