Avant la tonification des corps et la quête de médailles, les EDO – pour Enfants du Devoir d’Oyonnax – ont eu comme ambition de dispenser aux jeunes une préparation militaire, donnant ainsi les moyens aux instances françaises de reconquérir les départements de l’Alsace et la Lorraine après la défaite de 1870 contre la Prusse de Guillaume Ier. « À l’époque, décrit le président depuis 1991 Jacques Vareyon, l’objet des statuts est de redonner le goût de l’exercice physique et de susciter le patriotisme. » Soit de former à l’art de la guerre – en témoigne l’intitulé : Société de gymnastique et de tir, « le mot association n’existait pas » – pour recouvrer des territoires perdus, et avec eux un peu de fierté nationale… « Ce que l’on nomme agrès aujourd’hui n’est ni plus ni moins que des constructions pédagogiques pour acquérir les mouvements inhérents au combat. Le cheval d’arçon notamment, apprenait aux hommes à sauter sur la selle d’un cheval au galop. » La dimension militaire s’est perdue avec le temps pour devenir entre les Première et Seconde Guerres mondiales un système de compétition à part entière. « La Fédération de gymnastique réunissait toutes les disciplines que l’on connaît aujourd’hui : le basket, l’athlétisme… C’est la plus vieille de toutes ! Ce n’est qu’en 1921 que chacune a pris son autonomie. » Celle de gym ayant développé son panel pour présenter aujourd’hui quatre disciplines olympiques : la gymnastique aux agrès – pour les délégations féminine et masculine -, la gymnastique rythmique et le trampoline. Sans compter celles proposées par le club sur un créneau tantôt compétitif, avec notamment l’aérobic, le parkour et le teamgym ; éducatif, type baby gym ; ou ludique, avec le stretching. « Nous proposons même de l’accompagnement à la santé, avec la gym plus, le plus souvent sur prescription médicale. » Bref, l’offre est vaste et l’équipe investie pour honorer son crédo. « La gym pour tous et tous à la gym ! »
Culture de compétition
Le club fête ses 137 ans cette année. Autant dire qu’il est bien installé. Dans ses rangs, des hommes, des femmes, et beaucoup d’enfants : « 80 % des licenciés ont moins de 18 ans« . De quoi leur inculquer le goût de l’effort, l’excellence même, la discipline, l’audace, entre autres valeurs héritées de l’époque. Car si le sport forme le corps, il forge aussi l’esprit, ancrant au gré des entraînements la persévérance et l’exigence envers soi-même. Un investissement qu’ils sont nombreux à formaliser en compétition… « C’est un marqueur fort de notre club, notre ADN et ce qui fait notre renommée. » Car la compétition ici, est proposée à tous les niveaux. Pour se mesurer à soi, donc, et aux autres. Avec à la clé mille et une médailles dont quelques-unes – « les plus impressionnantes, sinon ça ne tiendrait pas » – sont exposées en vitrine, dans la salle adjacente à l’accueil. Plus qu’un choix personnel, c’est un engagement familial supposant d’être présent aux entraînements, donc d’emmener pour les parents, jusqu’à une vingtaine d’heures chaque semaine, sans compter les déplacements en compétition les week-ends. Une routine exigeante, mais ô combien satisfaisante pour qui obtient de bons résultats – les exemples sont légion au club oyonnaxien. S’ils envoient régulièrement des licenciés sur des rendez-vous sportifs extérieurs, les EDO en reçoivent aussi de tout l’Hexagone lors des Championnats de France qu’ils organisent, sur agrément de la Fédé, depuis 12 éditions. Un savoir-faire en matière d’organisation d’événements que le président Vareyon prouvait dès 1986 avec la venue de Jean-Jacques Goldman sous un chapiteau à Oyonnax. « On avait négocié avec l’impresario de l’artiste pour qu’aucun concert ne soit donné 3 mois avant ni 3 après sa date ici. Résultat, on a eu 9 000 personnes ! » Les sportifs ont remplacé les stars, les tapis et agrès la scène, pour un spectacle de haut niveau à chaque nouveau national à Oyonnax. Rendez-vous est d’ores et déjà donné pour 2026 : cochez les 2, 3 et 4 sur le calendrier. Avec d’ici là une envie intacte de se dépasser pour maîtriser la technique et cumuler un maximum de points le jour J. Au travail !
