Le bâti était en vente depuis longtemps. Mais eux n’avaient pas prévu de le visiter. « C’est sur la route », avait plaidé l’agent immobilier, qui avait repéré ce jour-là d’autres biens à montrer au couple bordelais. Alors ils se sont arrêtés, « au pas de charge ». Et ils ont acheté. Détail d’un coup de coeur devenu projet de vie pour Édouard et Anouchka de Saint-Anthost.
Il faut à peine trois minutes en voiture, depuis le péage de Maillat. À mesure que l’on approche dans l’allée, les siècles s’écoulent depuis l’édification du château… Le XIIIe, en l’espèce. Le parc est vaste, arboré, surplombé par la montagne où s’ébattent chevreuils, chamois et lynx – observations à l’appui. Pas de vis-à-vis. Pas de bruit non plus, sinon le ronron de l’autoroute évanoui passé la porte d’entrée.
« Au départ, décrivent les hôtes, nous cherchions un lieu où nous loger. » Il aura fallu choisir entre deux parties habitables, sur les quelque 1300 m2 de l’ensemble… puis trouver une façon d’occuper le reste intelligemment. L’un et l’autre ont ainsi quitté leurs fonctions respectives, l’administration de biens pour lui, le luxe pour elle, et aménagé 5 chambres à louer dans les espaces du domaine. Si le cadre laisse augurer des prestations haut de gamme – avérées -, le couple a choisi de s’émanciper des standards en hôtellerie. Avec un travail sur la couleur et cet impératif : « sortir du blanc que l’on voit partout ». Avec aussi un accueil volontairement discret. Sans desk. « Les clients sont autonomes, défendent Édouard et Anouchka. Ils ne nous croisent pas forcément. » Un parti pris valant à l’établissement un classement comme chambres d’hôtes. « Nous sommes plutôt à mi-chemin entre l’hôtel et le AirBnB. » Car la nuitée comprend aussi le petit déjeuner. « Mais il est pris en chambre. » Le couple propose aussi deux studios meublés, complètement indépendants. C’est en amoureux ou pour affaires, souvent, que l’on vient ici poser ses valises. Sur la route de vacances en bord de mer ou le temps d’une réunion dans la région. Sans compter bien sûr, les nombreux atouts naturels, patrimoniaux, gastronomiques du Haut-Bugey… dont on profite aisément toute l’année.
Fidélité à l’Histoire
Les propriétaires ont souhaité conserver l’âme des lieux et lui adjoindre tout le confort moderne. Avec, entre autres mesures, celles d’optimiser l’acoustique, pour un calme absolu et une déconnexion totale le temps du séjour entre leurs murs, et garantir le meilleur de la literie. Une grande attention est portée à la cohérence, fût-elle esthétique ou historique, dans chacune des chambres. De par le nom d’abord, choisi en référence à des personnages ayant occupé le château entre les XVIII et XIXes siècles. De par le mobilier ensuite, soigneusement chiné pour faire écho aux styles Louis XV et romantique. Tout est affaire de détail. Le matériau, la couleur, l’emplacement de chaque chose. Notamment le guéridon, placé face à la fenêtre, laquelle dispense aux yeux des hôtes une nature généreuse et incroyablement apaisante. Le fruit de l’engagement d’Édouard et Anouchka, en temps, en finances aussi, est édifiant ; quoique jugé insuffisant par le couple, qui entend parfaire son offre avec de l’événementiel et le projet de produire une cuvée de Cerdon directement sur site. Tout en procédant en parallèle à la résurrection de la chapelle, entre autres trésors cachés, et au classement d’éléments architecturaux répartis dans le château au titre des Monuments historiques.
Spa privatif
Une surprise, parmi les nombreuses que recèle le château. Un espace bien-être ouvert voilà un an, et accessible à tous, occupants ou non d’un hébergement du domaine. Sur 100 m2, les propriétaires ont visé l’excellence, une fois de plus. Entre piscine chauffée à 32°, sauna infrarouge, douche sensorielle et solarium, donnant sur un verger et la montagne en fond, le tout privatisé pour un créneau d’1 h 50, entre 9 h et 22 h 50, les clients sont ici tout à leur détente et au chargement de leurs batteries. Confiés s’ils le souhaitent aux bons soins d’une masseuse en complément.
L’anecdote
En visitant la chapelle, attenante à son bureau actuel, Édouard a reconnu des armoiries, sculptées sur le tabernacle. C’étaient en fait celles de Catherine de Moyria, parmi les ancêtres de sa famille. « Sans dire que cela ait été décisif, nous l’avons pris comme un appel à nous installer ici et nous rapprocher ainsi des racines bourguignonnes de mon mari ! »
Château de Maillat
484, route de Peyriat à Maillat
06 61 34 01 86 – www.chateau-de-maillat.com
