L’ambassadeur de la musique flamenca mettra le feu aux planches, vendredi 17 juillet à Oyonnax.
• Quelle place tient la musique dans la communauté gitane ?
Une place au quotidien… naturelle, et très importante ! On s’exprime beaucoup à travers la guitare, le chant, la danse. Les moments festifs font partie de nous.
• Où en seriez-vous aujourd’hui s’il n’y avait pas eu The Voice il y a 12 ans ?
J’aurais certainement fait grandir mon entreprise. En saison, je faisais de l’élagage. Sinon je rénovais les toits.
• Comment vous a-t-on préparé au grand bain de la célébrité ?
Personne ne m’y a préparé ! C’est arrivé du jour au lendemain, grâce à une vidéo, suite à laquelle on m’a invité dans l’émission. C’était l’inconnu. Pour m’amuser aussi, parce que je faisais de la musique. Ma passion est devenue mon travail.
• Quel conseil, parmi ceux reçus à l’époque, continuez-vous d’appliquer ?
Respirer, se détendre, faire des échauffements vocaux histoire de ne pas se casser la voix… Toute cette gestion du stress avant un concert qu’avant je ne faisais pas et dont je me sers beaucoup aujourd’hui.
• Trois albums sur six titrent avec le mot, ou une déclinaison du mot « vie ». Être artiste veut-il dire se livrer dans sa musique ?
Il y a tellement de personnes qui nous suivent qu’à chaque album, oui, je pense qu’il faut ouvrir son cœur. Dire ce que l’on a sur le cœur en chanson. Au public, ça fait plaisir ; à nous, ça fait du bien… c’est comme une thérapie !
• Préférez-vous chanter en français ou en espagnol ?
Le français, c’est bien pour les ballades. Mais quand on chante en espagnol, il y a ce côté chaleureux qui donne envie de faire la fête. Tout dépend de la chanson !
• Les vocalises en espagnol rappellent les chants corses. Est-ce une technique que l’on acquiert ou que l’on a naturellement ?
C’est vrai que ça y ressemble. Cette façon de bouger la voix sur des quarts de temps… J’ai baigné dedans : tout le monde chante dans la famille. Je dirais que c’est inné.
• Êtes-vous à l’image de la musique espagnole : tout en émotions ?
Oui, je suis du genre tout ou rien ! Mais j’avoue avoir un penchant pour le registre mélancolique. J’aime faire pleurer mon cœur sur ce genre de chansons.
• Vous avez partagé le micro avec Vianney et Soprano entre autres : y a-t-il un artiste que vous souhaiteriez inviter sur un prochain titre ?
Je dirais Gims. J’ai repris sa chanson [Bella] il y a 12 ans, ça m’a amené là où j’en suis aujourd’hui, donc il sera toujours le bienvenu !
• Y a-t-il un album en préparation ?
J’ai sorti il n’y a pas si longtemps une réédition de l’album paru l’an dernier [Vivre…encore]. Je vais profiter de ma tournée, fêter les 10 ans de carrière, me reposer et, ensuite, commencer à penser au prochain album !
• Est-ce que musicalement vous êtes à l’endroit où vous vouliez être ?
Il y a tellement de styles différents aujourd’hui que l’on est obligés de s’adapter… Je ne pense pas que l’on puisse faire du 100 % nous. On essaie toujours de se renouveler ; de faire son style à soi, mais au goût du jour. Si ça devait être complètement moi, ce serait un peu plus de reggaeton et de gipsy. Très festif. Ça me ressemblerait davantage. Comme sur scène d’ailleurs, où avec les guitares, on rend les titres beaucoup plus flamenco. Je me lâche plus ici que sur les titres qui passent en radio.
• Vous fêterez vos 30 ans cet été. Quel regard portez-vous sur cette décennie ?
J’ai cette impression que c’est encore le début. Je pense que c’est parce que j’ai commencé à 17 ans. Il reste plein de choses à faire et proposer, la musique est infinie !
• Vous signez quelques expériences à l’écran : souhaiteriez-vous retourner sur ce terrain ?
J’aimerais beaucoup avoir le temps ! J’y pense de plus en plus. Être le personnage de tout un film, je l’ai fait une fois, ça demande beaucoup. Ce sont des sensations, des émotions différentes de celles du chant, mais l’expérience est incroyable ! J’adore découvrir, aller sur de nouveaux terrains… Il y a ce stress, cette envie de me perfectionner, ça me plaît !
• À quoi ressemblent vos temps en dehors de la musique ?
À des moments en famille ! Ce début d’année, hormis les concerts, j’ai déménagé et me suis aménagé un petit studio où je commence à composer. Le but, c’est de se faire plaisir. De passer du bon temps, se sentir libre et léger.
La prog’
• Jeudi 16 juillet : Terrenoire
• Vendredi 17 juillet : Kendji Girac + Sinclair + Roxane + Lou Sirkis
• Samedi 18 juillet : Matt Pokora + Marguerite + Léman + Lou Sirkis
Tarifs : jeudi 31 €, vendredi 45 €, samedi COMPLET
