Le comédien et humoriste installé en Bourgogne présentera cet hiver à Bourg et Mâcon son dernier spectacle : L’Âge bête, aux côtés de Michèle Laroque.
• Qu’êtes-vous venu chercher ici que vous ne trouviez pas à Paris ?
Je suis un épicurien. En termes de belles tables, de beaux vignobles, on est très gâtés. Je suis venu chercher aussi une simplicité. C’est très agricole, il y a beaucoup d’élevage dans le Charolais. J’y trouve ce que j’aime : les grands espaces. Le fait de pouvoir me reposer sans être dérangé.
• Votre maison est aussi un refuge pour les animaux…
Je suis en train de préparer l’arrivée d’animaux. Je prends beaucoup d’informations auprès de mes voisins, je ne veux pas risquer de faire n’importe quoi. Je suis acteur, avec comme deuxième activité, exploitant agricole. Ça veut tout dire. Il faut réussir à mêler sa passion et le cahier des charges.
• À quoi une journée hors scène ou caméra ressemble-t-elle ?
À une journée en Bourgogne, à me promener avec mes chiens. Je pars longtemps, loin. Je déjeune avec un copain… des gens de la région, pas forcément du métier. Je ne fréquente pas spécialement le monde dans lequel je travaille. Je ne suis pas mondain, disons. Quand je suis invité à des événements, j’y vais avec plaisir, mais je ne vais pas courir après. C’est un équilibre intéressant.
• L’Âge bête a été écrit et mis en scène par Olivier Baroux, votre complice de toujours. A-t-il pris soin de composer un rôle sur mesure ?
On lui a dit qu’on avait envie d’être sur scène, pas pour une pièce de théâtre mais pour un spectacle. Il a sorti rapidement une trame, des idées, des sketchs, et tout de suite, ça a collé. C’est l’histoire de deux adultes qui se rencontrent tard et se découvrent l’un l’autre. C’est un vieux couple… tout jeune ! Ils tombent amoureux et vivent leur âge bête à 60 ans. Ça permet tout, en même temps ça empêche tout, ils n’ont plus l’âge de faire n’importe quoi.
• Qu’avez-vous d’autre en commun que l’âge avec votre personnage ?
La mauvaise foi ?! L’humanité, aussi. C’est quelqu’un qui aime les gens, qui que ce soit. J’ai été élevé dans ce modèle-là.
• Michèle Laroque comme partenaire de scène, c’était une évidence ?
Il coulait de source. Elle a été ma première actrice dans mon premier film [Monsieur papa]. J’ai été son premier fiancé dans son premier film [Brillantissime]. On a toujours été un couple, c’est drôle ! Quand vous vous entendez bien avec quelqu’un, vous dites : on prolongerait bien le plaisir… Avec ce spectacle, on voulait faire de grandes salles. Les gens ont envie de nous voir en vrai, à force qu’on leur parle d’intelligence artificielle et de robots ! Michèle est une artiste que les Français aiment, je pense que je ne suis pas trop mauvais non plus… Aller faire le tour du public, c’est important.
• Y a-t-il un personnage que vous auriez aimé incarner, lequel et pourquoi ?
Plus jeune, j’aurais voulu jouer Coluche. Il m’a beaucoup marqué. Au moment où il y a eu ce projet de film, j’ai été assez jaloux de ne pas être ce Coluche-là. J’avais une grande passion pour l’homme… que je n’ai jamais rencontré. Je l’ai toujours trouvé tellement drôle, attachant, libre. Ne serait-ce que les Restos du cœur, où je vais régulièrement. J’ai été très ému quand il est mort. Ça m’a bouleversé.
• L’art est-il la seule option, pour aujourd’hui et demain ?
Je me suis déjà posé la question. Si demain on ne veut plus de moi, si demain on me chasse en disant « Tu ne fais plus rire personne, tu n’émeus plus personne« … je me tournerais sûrement vers la terre. J’essaierais de devenir un vrai éleveur, de rester près des animaux et de la nature. Je deviendrais en première activité : exploitant agricole.
L’Âge bête
• Vendredi 27 novembre, à 20 h au Spot de Mâcon (51 à 74 €)
• Dimanche 7 février, à 18 h à Ainterexpo à Bourg (53 à 77 €)