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Carmen Maria Vega, pour la soirée inaugurale du festival O’parc jeudi 18 juin

carmenmariavega @claudio raschella hd copie

L’incandescente Carmen Maria Vega ouvrira la 2e édition du festival des familles, dans l’écrin nature du parc René-Nicod à Oyonnax.

• Vous avez grandi à une heure d’ici, à Lyon, avez-vous déjà joué à Oyonnax ?
Je suis venue dans le coin un nombre incalculable de fois, parce que c’est là que j’ai débuté, en région Rhône-Alpes. Oyonnax, j’y ai joué plusieurs fois, mais ça date… Ce sont mes 21 ans de carrière cette année, mine de rien.

• Qui est Carmen Ultra, et qu’a-t-elle que Carmen Maria Vega n’a pas ?
Carmen Ultra, c’est le nom du spectacle. Mais effectivement, ça fait nom de créature ou de superhéros ! C’est une appellation pour dire que je vais faire beaucoup d’anciens titres, un genre de best-of de moi-même… et beaucoup de nouveaux titres, qui ne sont pas encore sortis. « Ultra », c’est aussi une façon pour moi d’assumer l’hyperféminisation, la sensualité de ce prochain disque, qui parle du corps et célèbre la femme.

• Parmi tous les domaines auxquels vous touchez, où vous sentez-vous le plus libre ?
Sur scène, de toute façon. Parce qu’il y a l’immédiateté, la connivence avec le public, le droit de tomber ou de faire une mauvaise blague… La cabaret est un des derniers endroits où la liberté est encore possible pleinement.

• De quels carcans autour du genre vous êtes-vous émancipée ?
De moi-même, d’abord. Et c’est normal : à 21 ans, on ne pense pas de la même façon qu’à 40. Et puis la société a grandement évolué. C’est très étonnant, ce que l’on est en train de vivre. Il y a des libertés que l’on n’avait pas il y a encore 10 ans. Le mouvement MeToo a fait beaucoup de choses positives pour la libération de la parole, même s’il crée aussi des gens qui n’ont pas du tout envie d’entendre, alors que c’est primordial ! Je me suis émancipée de croyances. J’ai beaucoup évolué dans ma jeune carrière avec uniquement des hommes hétéros. J’essayais de me détacher de leurs pensées et projections. Ceux avec qui j’ai travaillé ne voulaient pas que je sois sexualisée, il y avait ce contrôle… Alors j’ai fait tout le contraire ! C’était le chemin le plus simple pour trouver ma féminité. Maintenant, j’assume absolument tout : avoir de moins en moins de vêtements, une perruque, un maquillage outrancier…

• Quel a été le cheminement pour parvenir à assumer votre corps et votre sensualité ?
Par le biais de la chanson qui était un milieu ultra vieux et entretenu par des hommes, qui avaient oublié d’où venait la chanson française. Cette liberté, dans le corps et dans le propos. Le cheminement par Boris Vian m’a aidée aussi, parce que c’était la vision d’un homme mais dans un répertoire très sensuel et érotique. Toutes les chansons qu’il a faites pour Magali Noël, Michèle Arnaud… Vous mariez pas les filles, c’est merveilleux comme texte ! Interpréter Mistinguett, ça a été intéressant aussi. C’était une femme de pouvoir dans un monde d’hommes. Le cabaret m’a aidée à assumer pleinement ce que j’avais envie d’être sur scène. Même si tout le monde n’est pas prêt à ça, surtout dans le milieu de la musique. C’est l’endroit où il y a le plus d’objectivations du corps, mais toujours du point de vue d’une industrie très masculine… C’est pour ça que je travaille avec une équipe ultra réduite pour ne pas avoir à supporter trop d’idées de mecs ! Je n’ai plus envie.

• Quelle importance donnez-vous aux réseaux sociaux ?
J’ai commencé ma carrière au tout début des réseaux sociaux. C’était plutôt ludique, à l’époque. Il y avait ce truc d’échange, de découverte. Pas encore ce côté négatif, où l’on est forcé, victime soi-même de cette surconsommation du réseau social. Mais il faut revenir dans la vie, à l’endroit du spectacle. Ne pas rester dans le virtuel. Il y aura toujours un con qui pensera quelque chose, mais dans la vie il ne le dira pas parce qu’il n’aura pas le courage. Par contre, derrière son ordi… Il ne faut pas trop donner l’intérêt à tout ça. Même si, quand on est libre, on s’y expose. Dès que vous n’êtes pas dans les codes, ça ennuie quelqu’un.

• De quoi parlez-vous dans vos titres ?
J’écris sur ce que je vis, à l’instant où je vis les choses. J’ai une écriture assez intuitive. Je peux passer des semaines sans écrire et après avoir une boulimie et écrire plein de trucs. C’est ce qui s’est passé avec ce disque, tout est venu naturellement. J’ai trouvé la façon dont je voulais parler de sensualité, de sexualité, de désir, d’amour… Le premier album et ce titre, La Menteuse, m’ont permis d’être visible et d’exister, mais je ne les chante plus. À partir de Santa Maria, j’ai parlé de qui j’étais. Avant, je n’étais pas prête. Ça a été un premier pas vers moi-même. Sur cet album qui arrive, j’ai écrit la majorité des chansons.

• Nous en aurons donc un aperçu dans quelques jours…
Bien sûr, oui, il y en aura plein ! Au moins neuf nouveaux titres, je suis généreuse. On ne sera que deux sur scène et l’on a privilégié la musique, pour la faire découvrir le plus simplement possible. La scéno à venir sera plutôt axée sur le corps, donc la danse. J’adore avoir des danseurs, c’est mon petit plaisir !

Dressing room portraits at 2023 Adelaide Cabaret Festival

La prog’

• Jeudi 18 juin, à 20 h 30 : Carmen Maria Vega (concert électro rock)
• Vendredi 19 juin, à 17 h : ateliers, lectures, jeux ; à 19 h : Thé perché par la cie Prise de pied (cirque, dès 4 ans) ; à 20 h 30 : Résistances poétiques, par Cyril Dion (lectures musicales)
• Samedi 20 juin, à 10 h : ateliers, lectures, jeux ; à 11 h : Le Bal, par la cie Ariadne (spectacle festif et collectif pour partager l’expérience de la joie, dès 5 ans) ; à 14 h : Le Grand cabaret d’Argh et Arlo, par la cie Prise de pied (cirque, clown, magie, dès 3 ans)

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