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Matthieu Wilhelem : du bâtisseur au consommateur

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Il y a des entrepreneurs qui passent leur vie à construire. Des maisons, des équipes, des projets… et parfois un magasin. Lorsqu’il reprend les rênes de l’ancien Casino d’Arbent pour y implanter l’enseigne Intermarché, Matthieu Wilhelem n’a pas le sentiment de changer simplement une façade. Il poursuit un chemin entamé près de vingt ans plus tôt, guidé par une même envie : donner corps à des projets durables.

Originaire de Bar-le-Duc, dans la Meuse, c’est à seulement 22 ans qu’il devient chef d’entreprise pour la première fois. Son premier métier consiste alors à bâtir des maisons à ossature bois et des chalets en fuste, avec une attention particulière portée aux matériaux écologiques. Puis viennent Paris, ses rythmes effrénés et un nouveau défi. Il y crée trois magasins spécialisés dans la conception d’espaces de vie et la rénovation intérieure sous l’enseigne Schmidt Cuisinella. Cuisine, mobilier, coordination des travaux : près de 1 500 projets prennent forme chaque année sous son impulsion. Une autre manière de bâtir.

Un rêve à réaliser

Pourtant, depuis toujours, Matthieu Wilhelem nourrit une attirance particulière pour l’univers alimentaire. « Mes deux passions ont toujours été l’architecture… et la cuisine. » La crise sanitaire repoussera son projet de quelques années, mais pas son ambition. Il profite de cette parenthèse pour rejoindre le Groupement Les Mousquetaires, dont il suit pendant huit mois le parcours de formation. Sa première expérience de chef d’entreprise dans la grande distribution se déroule donc en Normandie, où il redresse un magasin en difficulté. Quelques mois plus tard, le groupe lui confie un nouveau défi : transformer l’ancien Casino d’Arbent en Intermarché. Un chantier humain autant que commercial. Les équipes, durement éprouvées par la fermeture de leur ancienne enseigne, découvrent leur nouveau dirigeant le jour même du changement de pavillon. « Je n’ai jamais douté de leur capacité à rebondir. Ce magasin, ce sont eux qui l’ont remis sur pied. Mes équipes sont formidables. » Aujourd’hui, 118 collaborateurs font vivre ce nouvel hypermarché où l’on pétrit le pain, prépare les pâtisseries, travaille la viande et le poisson directement sur place. La prochaine ouverture d’une cuisine centrale permettra d’élaborer et de cuisiner des plats traiteur sur place avec la garantie de la fraîcheur et d’un prix moins cher que l’industriel. Ce modèle de FabMag, cher aux Mousquetaires, correspond parfaitement à sa vision : proposer des produits fabriqués en magasin, privilégier les filières françaises et replacer le goût au coeur des rayons. « Le prix reste essentiel, bien sûr. Mais je veux surtout que les gens repartent avec de bons produits. »

En y regardant de plus près, son parcours n’a jamais réellement changé de direction. Il a simplement changé de matériaux. Après avoir longtemps construit avec le bois, Matthieu Wilhelem bâtit désormais avec des femmes, des hommes et des savoir- faire. Une autre forme d’architecture, peut-être la plus vivante et la plus savoureuse de toutes.

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