Aux éteigneurs de feu ont succédé les producteurs de miel, dans le petit local en surplomb de la route de Béard. Derrière les portes, le matériel d’extraction a remplacé le camion. Une installation inaugurée en mai l’année dernière ; grande fierté, aussi pour la centaine d’adhérents du rucher du Haut-Bugey… « C’était l’un de nos objectifs à la création de l’association« , note Alain, parmi les premiers coprésidents. Et quel projet : tout ici est aux normes sanitaires, pour des opérations menées dans les règles de l’art. « Jusque-là, on extrayait le miel chez des apiculteurs, mais les conditions n’étaient pas idéales. » L’idée de proposer aux adhérents un espace dûment équipé, avec le soutien de la mairie et du fonds Leader, a ainsi pris un tour concret il y a un an. C’est désormais un outil fonctionnel, que l’asso met au service de la communauté. Du matériel dont chacun peut faire usage avant – ou au lieu – de s’équiper ; car c’est un budget. Donc une vraie chance, d’en profiter sous un format mutualisé. « Il y a tout ce qu’il faut, assurent les membres du bureau Alain et Marie-Jo, qui détaillent… Les hausses, où est stocké le miel, sont déposées dans une chambre chaude, à 30°C, et laissées 24 à 48 h selon leur taux d’humidité ; jusqu’à ce que les mesures indiquent un taux de 18 %. Plus le chiffre est bas sous 19, mieux c’est. » Vient alors le temps de l’extraction. Les cadres sont placés dans un extracteur, et le miel est récolté au robinet. Laissé à maturer environ 15 jours, « pas trop sinon il regagne en humidité« , il est enfin mis en pot et étiqueté. Comme les pots de confiture par les grands-parents, fut un temps. La cire récupérée sur les cadres est, elle, confiée à un cirier, qui se charge de les refondre en autant de feuilles collées sur de nouveaux cadres. Sorte de cercle vertueux dont l’Homme et les abeilles sont acteurs… dans un ballet commun et délicieux.
Oui délicieux, parce qu’ici on déguste. Pot après pot, à la cuillère. Mais jamais deux fois du même côté, pour ne pas mélanger les goûts. Il y a le miel d’acacia, de tilleul, de fleurs, de sapin… et une disparité de goûts incroyable. « Mon miel, décrit Alain,est très différent de celui de mon voisin, alors que l’on habite à 1 km, chacun sur un versant de la vallée.Moi soleil levant, lui soleil couchant. » Mais l’un comme l’autre trouvent grâce auprès des gourmands ; chaque matin, sur une tartine de beurre. « Le Graal !«
« Les tartines avec du beurre et du miel, c’est 365 jours par an !«
Alain
Le Rucher du Haut-Bugey
Route de Champ Biolay, à Béard-Géovreissiat
www.rucherhautbugey.fr/la-miellerie
